Révoltes dans les pays arabes, le fil du jour
En libye, au 14e jour d'un mouvement de révolte sans précédent qui s'est mué en insurrection, Kadhafi et ses forces ne contrôlent plus que Tripoli et sa région, alors que Washington s'est dit prêt à aider les opposants qui ont créé un "Conseil national indépendant" chargé de représenter "les villes libérées".
Les gouvernements de l'Union européenne ont adopté lundi un train de sanctions contre le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et son gouvernement, avec notamment une interdiction de se rendre sur le territoire de l'UE et un embargo sur les livraisons d'armes. Les Etats de l'UE ont aussi décidé de bloquer les avoirs de Kadhafi, de sa famille et de son gouvernement et d'interdire la vente de produits tels que les gaz lacrymogènes et le matériel anti-émeutes susceptibles d'être utilisés contre des manifestants. La décision, approuvée lors d'une réunion ministérielle à Bruxelles, a été avancée pour permettre son application la plus rapide possible, dit-on de source diplomatique. Le Premier ministre François Fillon annonce que deux avions français vont partir "dans quelques heures" pour Benghazi, ville de l'est de la Libye aux mains des opposants au colonel Kadhafi, évoquant le début d'une opération humanitaire "massive".
L'UE adopte des sanctions contre Kadhafi
L'opposition vise Tripoli
A plus de 1 000 km à l'ouest, autour de la capitale, l'opposition revendique également le contrôle de plusieurs villes. Selon un dignitaire membre du comité révolutionnaire de Nalout, à 230 km à l'ouest de Tripoli, ces villes sont "aux mains du peuple": Al-Rhibat, Kabaw, Jado, Rogban, Zentan, Yefren, Kekla, Gherien et Hawamed. "Nous nous plaçons sous l'autorité du gouvernement intérimaire de Benghazi (...) Nous préparons les forces pour marcher sur Tripoli et libérer la capitale du joug de Kadhafi", a ajouté Chaban Abu Sitta. A Zawiyah, à 60 km à l'ouest de la capitale, les manifestants anti-Kadhafi semblent contrôler la ville, mais les forces qui lui sont loyales en contrôlent l'accès et les alentours, selon des témoins. Les villes stratégiques de Misrata, à l'est, et Gherien, au sud, semblent aussi sous contrôle de l'opposition. A Tripoli, seuls circulaient les miliciens du colonel Kadhafi, à bord de 4X4. Des postes de contrôle ont été mis en place dans et autour de la capitale, où le pain et l'essence étaient rationnés, selon un habitant.
La démision de Mohamed Afif Chelbi survient au lendemain de la démission du Premier ministre
Le régime de Kadhafi ne contrôle plus les principaux champs de pétrole de Libye, désormais entre les mains de l'insurrection, a indiqué lundi le commissaire européen à l'Energie Gunther Oettinger. "Nous avons tout lieu de penser que le gros des champs d'exploitation (de gaz et de pétrole) n'est plus entre les mains de Kadhafi, mais se trouve sous le contrôle de tribus et de forces provisoires qui ont repris le pouvoir", a-t-il expliqué devant la presse à Bruxelles.
Tunisie. Le ministre tunisien de l'Industrie et de la Technologie du gouvernement de transition, Mohamed Afif Chelbi, qui était ministre dans le dernier gouvernement du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, a présenté sa démission lundi.
Egypte. L'ex-président Egyptien Hosni Moubarak et sa famille proche sont interdits de quitter le pays, et leurs avoirs en Egypte sont gelés, affirme une source judiciaire égyptienne.
Algérie. Un jeune homme décède après s'être immolé par le feu dimanche en fin d'après-midi devant la wilaya (préfecture) de Bordj Bou Arredidj, à 235 km à l'est d'Alger [3].
Oman. Des manifestants omanais ont tenté d'attaquer pour la deuxième journée consécutive, un poste de police à Sohar, à 200 km au nord de Mascate, avant d'être dispersés par des bombes lacrymogènes tirées par les forces de l'ordre.
Manifestants omanais dans les rues de Sohar, lundi 28 février
Syrie. Une page Facebook intitulée "la révolution syrienne contre Bachar al-Assad 2011" appelait à des manifestations à une date encore indéterminée.
Bahreïn. Des milliers de personnes ont défilé dimanche dans la capitale Manama contre le régime de la dynastie sunnite des Al-Khalifa et le groupe chiite au Parlement a confirmé sa démission en bloc à la suite des violences meurtrières survenues aux premiers jours des manifestations populaires.
Yémen. Le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a dit dimanche son intention de défendre le "régime républicain" jusqu'à la "dernière goutte de (son) sang" et parlé de "complot", alors que les manifestations ont continué dans le pays.
Qatar. Un appel sur Facebook à l'éviction de l'émir Hamad ben Khalifa al-Thani a recueilli plus de 20 000 signatures, cependant qu'au Koweït, un groupe d'opposition nouvellement formé a demandé des réformes et l'émir a annoncé des mesures sociales.
Irak. Le Premier ministre Nouri al-Maliki a donné dimanche 100 jours à ses ministres pour faire leurs preuves, après des manifestations de colère contre le gouvernement. En Jordanie, le Premier ministre s'est engagé à procéder à des réformes "véritables et graduelles".
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