Près de 300 personnes ont assisté à cet échange d’idée dans l’amphithéâtre de l’université de Toulon. L. M.
Retraites. Six syndicats se sont réunis vendredi soir à l'Université de Toulon pour un débat où il est question des alternatives
concrètes à la futur réforme du gouvernement.
CGT, CFDT, FO, FSU, Unsa, Solidaires et Unef, tous unis sous la même banderole. L’effet est
saisissant, rafraîchissant même. L’intersyndicale a donné rendez-vous avec le public toulonnais vendredi soir au sein de l’amphithéâtre 400 de l’université du Sud Toulon
Var. Et ils étaient près de 300 personnes à avoir répondu à leur invitation. En jeu ce soir, un débat autour des retraites, grand chantier du gouvernement, qui devrait
aboutir selon le calendrier fixé à une réforme à la rentrée de septembre prochaine. Soit des négociations acharnées en pleines vacances d’été… Depuis quelques temps, la
riposte s’organise. De manifs en rassemblements, les syndicats de tout corps de métiers sont sur le front. Nouvelle étape ce vendredi avant un 1er mai que tous
souhaitent réussi.
« Nous subissons la désinformation !
»
« L’objectif de ce débat, c’est d’offrir un discours alternatif à celui du gouvernement
quant à nos retraites. Il s’agit de donner aux gens la parole pour que des solutions concrètes émergent », indique-t-on du côté de la CGT. Car il faut le clamer haut et
fort : proposer un financement des pensions de retraites différent que celui proposé par le gouvernement existe ! « C’est clair, nous subissons la désinformation, qui
pousse à croire qu’il n’existe que la solution d’allonger la durée de cotisation. C’est quelque chose que nous refusons catégoriquement. » Ce refus de la régression
sociale était largement partagé avec le public du soir. Mais l’enjeu n’était pas de convaincre. Aujourd’hui, les retraites se financent en tenant compte du fait que les
travailleurs cotisent pour leurs aînées. Un système qui fonctionne parfaitement lorsque le nombre d’actif est largement supérieur à celui de retraités. Mais ce n’est
plus le cas. Que faire dès lors que les visions les plus catastrophiques évoquent 102 milliards d’euros de déficit en 2050. Ces projections, proposées par le Conseil
d’orientation des retraites (COR), apportent de l’eau au moulin des réformateurs de l’Etat, qui souhaitent également tenir compte de l’allongement de la durée de vie
pour proposer un allongement de la durée de cotisation.
« Taxer tous les revenus, même les dividendes.
»
De tels arguments ne font pas le poids pour les acteurs du jour. Eric Laffont (CGT),
Dominique Plumion (CFDT), Philippe Pihet (FO), Anne Feray (FSU), Pierre Khalfa (Solidaires), Claude Chesnaud (Unsa) et Raphaël Perrin (Unef) ont tour à tour démontré que
« la réforme est inévitable ». « Mais entendons-nous sur le terme de réforme, car aujourd’hui, le mot renvoi plutôt vers un changement en pire ! Aujourd’hui, il faut des
réformes progressistes », souligne l’un d’eux. « Il est possible qu’on nous invite à compléter nos retraites par de l’épargne personnelle… C’est inacceptable. » Pour
financer les retraites, trois leviers d’actions sont disponibles : augmenter la durée de cotisation, baisser les pensions, et augmenter les ressources pour financer les
pensions. C’est clairement ce dernier qui est privilégié par l’intersyndicale. « Les retraites doivent être financées à part égale entre l’emploi et le prélèvement. Nous
proposons par exemple de taxer tous les revenus, même les dividendes ». Dans le public, même constat. Et ils sont nombreux à être motivé pour lutter contre une réforme
néfaste. « C’en est assez des journées de mobilisations par-ci par-là ! Ce qu’il faut maintenant, c’est la grève générale ! », « Le gouvernement sous-estime la force
intergénérationnelle de ce combat »…
Ce soir, les syndicats ont parlé de concert. Reste à espérer qu’ils négocient de la même
façon.
ROMAIN ALCARAZ
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