Retraites : Informer, débattre, mobiliser
mercredi 5 mai 2010 / "le Patriote"
Gouvernement et Medef se relaient dans un pilonnage intensif "il va falloir accepter de travailler plus longtemps et augmenter la durée de cotisation pour une retraite à taux plein". La diminution des pensions est déjà en cours : les réformes Balladur-Fillon ont détérioré leurs bases de calcul et de revalorisation de l’ordre de 20%. Un matraquage Cette semaine c’est la Grèce qui est appelée en renfort pour répandre la peur et la résignation. Les "marchés" sanctionnent les "déficits", il faut donc leur donner des gages et se faire bien voir de leurs "agences de notation" énonce le conseiller du Prince, Alain Minc. Le Monde évoque le report à 61, 62, puis 63 ans de l’âge légal de 60 ans. Les "démentis officiels" au nom de la "concertation qui se poursuit" sonnent faux. Mensonges et verrous Dans une conférence de presse, Robert Injey, responsable départemental du PCF, indique "face à cette régression sociale, une première urgence est de révéler les contre-vérités gouvernementales". Alors qu’aujourd’hui six personnes sur dix sont déjà "hors emploi" lors de la liquidation de leur retraite, la question vitale est donc bien celle de l’emploi des 20-30 ans et des 50-60 ans, et non de reculer l’âge de la retraite, ce qui ne ferait qu’augmenter les nombre de personnes en précarité ( invalidité, dispense de recherche d’emploi, chômage,..). De même, alors que le déficit des retraites est en 2009 de 7,7 milliards d’euros, des recettes nouvelles sont possibles. Ainsi une cotisation sur les placements financiers des entreprises rapporterait 22 milliards d’euros à la protection sociale. On peut également remettre en cause les 30 milliards d’exonérations de charges sociales. Il faut d’ailleurs faire sauter le verrou du débat sur les recettes pour le financement des retraites. "Dans une société où les réalités démographiques font que la part relative des 60 ans et plus dans la population va passer de 24% aujourd’hui à 36% en 2040, décidons nous oui ou non d’y consacrer une part un plus importante des richesses nationales ?"
C’est possible en revenant sur la captation par la rente et les dividendes d’une part croissante de la richesse nationale, par une meilleure utilisation des gains de productivité et la recherche d’un nouveau type de développement.
Une campagne syndicale, politique et citoyenne Les ripostes s’organisent. "Informer, débattre et mobiliser" invite la FSU. "La solution durable : l’emploi, les salaires, la justice et la solidarité" énonce la CGT, ...
Sur le plan politique, Robert Injey a indiqué que les communistes ont engagé une grande campagne publique, qui s’est d’ailleurs vu lors des manifestations du 1er mai. Il est favorable à la tenue d’un maximum de réunions publiques pouvant être organisées avec d’autres forces progressistes ainsi qu’à des rassemblements d’actions, dont un à Cannes le samedi 15 mai prochain.
Du neuf aussi du côté de l’appel citoyen lancé au niveau national par la Fondation Copernic et Attac et soutenu par de nombreuses personnalités.... Dans les Alpes Maritimes cet appel,(1) est relayé à titre individuel par un ensemble de personnalités d’horizons divers (2), qui invitent à favoriser la prise d’initiatives locales.
Face aux camouflages du gouvernement, un véritable débat public contradictoire est indispensable.
Jean Paul Duparc
(1) publié par Le Patriote dans son numéro 2220
(2) notamment Yannik Ahran, Bernadette Bouchard, Sylvie Briot, Gauthier Broquet, Paul Cuturello, Bruno Della Sudda, Christine Dorejo, Cecile Dumas, Eve Galliano, Philippe Gandin, Yvon Guesnier, Suzanne Hugon, Robert Injey, Rémy Lebas de Lacour, Geneviève Legay, Idir Lounis, Térésa Mafféis, Christian Masson, Marcel Meaufront, Adeline Mouton, Henri Rossi, Lucien Pons, Olivier Sillam,....
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