
Jean-Marc Coppola à la rencontre des usagers des TER dans les Bouches-du-Rhône.
« Nous avons un double objectif ne pas s’en tenir à un projet généraliste en faisant des propositions concrètes et crédibles, les mettre en débat lors d’une grande campagne de terrain au plus près des habitants ». Après cette pétition de principes, Jean-Marc Coppola a commencé à passer aux actes, hier matin, entre Septèmes et Gardanne dans les Bouches du Rhône. A l’ordre du jour de la tête de liste du Front de Gauche en PACA : la politique des transports, le ferroviaire et notamment les TER. Un dossier qui risque d’être l’un des points chauds du débat électoral. Sur l’une des compétences principales des Régions, la majorité de gauche sortante présente un bilan peu contestable, en terme de rénovation du matériel, d’offre de transports, de progression du nombre de passagers. Mais ce bilan est parasité par la politique malthusienne de l’Etat et de la direction de la SNCF qui limitent les investissements et suppriment les emplois.
La contradiction est apparue criante hier lors de la rencontre avec des usagers des gares de Septèmes et de Gardanne. Des infrastructures récemment rénovées mais qui souffrent de l’absence de personnel. « C’est pour moi le meilleur moyen de me rendre à Marseille pour mon travail, explique une employée de bureau. Mais c’est trop irrégulier Je suis obligé de faire des acrobaties pour arriver à l’heure ». Pour Jean-Marc Coppola, lui même cheminot, la réponse est à chercher dans le renforcement « d’une présence humaine dans les gares. La qualité de service est à ce prix », précise-t-il. Première adjointe du maire de Gardanne et candidate du Front de Gauche, Yveline Primo rappelle, pour s’en féliciter, « l’augmentation de la fréquentation. Elle est 30% supérieure aux estimations ». Mais elle déplore « une accessibilité défaillante » pour les personnes handicapées ou les mamans accompagnées de jeunes enfants. Même ressentiment chez le maire de Septèmes, André Molino. Le bâtiment de la gare de sa commune a été vandalisé récemment. Hier, il était toujours fermé. « Comment assurer le service public de transport dans ces conditions », s’emporte-t-il.
« Nous refusons de nous résigner au quasi monopole défait de l’automobile qui représente 90% des déplacements des particuliers », a lancé Jean-Marc Coppola lors d’une conference de presse à Gardanne. Entouré du maire de la cité, Roger Meï, et des candidats Yveline Primo, Sophie Celton et Patrick Magro, il a rappelé que « depuis 1998 et l’arrivée d’une majorité de gauche à la direction de la région PACA, l’offre ferroviaire a triplé, passant de 250 à 726 trains par jour ». Pourtant, « la qualité de service offerte par la SNCF est dégradée ». Un constat en mettre en rapport avec la suppression « de 25% des cheminots dans la région en 8 ans ». Considérant que cette qualité due aux usagers « est la question primordiale » Jean-Marc Coppola propose que le malus imposé à la SNCF en raisons de ces dysfonctionnements -« 12 millions d’euros en 2009 »- « soit consacré en totalité au développement de la qualité ». Après avoir détaillé « le besoin d’investissements très importants, par exemple pour le doublement et l’électrification de la ligne Aix-Marseille », il s’est prononcé pour la mise en oeuvre « d’un réseau de transport cohérent ». D’où la proposition de la création « d’un syndicat mixte à l’échelle de la région ». Sans se substituer au rôle des autres collectivités locales, il aurait une vocation « de coordination ». Un projet sans rapport avec l’objectif de ceux qui souhaitent une régie régionale des transports. « Ce serait mettre le doigt dans l’engrenage de la mise en concurrence et donc de la privatisation », s’inquiète Jean-Marc Coppola.
Au nom du Front de Gauche, il renouvelle la proposition de « gratuité des TER » dont la billetterie ne représente que « 17% du budget de fonctionnement ». Une gratuité financée, non par « la fiscalité régionale » mais par ceux qui sont « les grands bénéficiaires des transports, les grands entreprises, les centres commerciaux, les compagnies d’autoroute ». Une mesure symbole pour le Front de Gauche car en rupture concrète avec les politiques libérales.
Christian Digne (La Marseillaise, le 23 janvier 2010)
Le tête de liste UMP en PACA, Thierry Mariani, n’a pas de mots assez forts pour critiquer la politique des transports de la région, accusant notamment les élus de gauche de soutenir les cheminots au détriment des intérêts des usagers des TER.
« Je n’ai pas entendu la campagne électorale pour entendre la colère des usagers », répond Jean-Marc Coppola qui a animé plusieurs comités de ligne. « Je me sens porteur de leurs besoins mais ce n’est pas à la Région à répondre à la qualité de service mais à la SNCF et à RFF » ajoute-t-il avant de s’adresser directement à Thierry Mariani : « en tant que député, vous feriez bien de ne pas voter les budgets qui amputent ceux des entreprises publiques. Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage. Par vos critiques, vous tentez de faire avancer l’idée de la privatisation ».
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