Réforme des lycées : « Les lycéens ne sont pas dupes »
Pourquoi cette « grève des trousses et des cahiers » ?
Massira Baradji. C’est une manière originale de pousser les profs à prendre un peu de temps sur les cours pour dialoguer avec leurs élèves de questions telles que la réforme du lycée, la politique sécuritaire du gouvernement ou encore le manque de moyens dans l’éducation. Hier, environ 60 000 personnes ont participé à l’initiative. Le gouvernement doit comprendre que la jeunesse de ce pays n’est pas dupe, ni de sa politique de restriction budgétaire ni de l’exploitation sécuritaire qu’il fait de la jeunesse à chaque échéance électorale.
Que reprochez-vous à la réforme du lycée ?
Massira Baradji. C’est la réforme Darcos, mais mieux vendue commercialement ! Au final, on supprime des heures d’éducation civique, d’histoire-géo, de français… Autant de matières essentielles pour la culture personnelle des jeunes. La base de cette réforme est purement économique : si le gouvernement la fait, c’est avant tout pour supprimer des postes. Son obsession de réduction des coûts est telle qu’il en est à vouloir recruter des retraités et des étudiants pour assurer les remplacements de profs !
Allez-vous continuer à mobiliser ?
Massira Baradji. Bien sûr. On veut une réforme mais avec des moyens derrière. Certaines pistes avancées par le gouvernement sont intéressantes, mais il ne faut pas faire seulement semblant de les exploiter. Et tant que cela ne sera pas fait, les lycéens seront de plus en plus nombreux dans la rue.
Entretien réalisé par Laurent Mouloud
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