Bonus-malus au lycée professionnel
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Article paru dans La Marseillaise du mardi 29 mars 2011 |
Profs et élèves du LP de Vinci suspendent les cours pour réclamer le maintien à la rentrée de 96h d’enseignement.
Une assemblée générale réunissant professeurs et élèves du lycée professionnel Léonard-de-Vinci dans le 7e arrondissement de
Marseille a eu lieu hier matin, pour protester contre la baisse des heures de cours qui seront attribuées à l’établissement à la rentrée de septembre.
Après un précédent mouvement au mois de février dernier, où les enseignants n’ont pas été entendus par le rectorat sur les 96 heures
d’enseignement supprimées dans la Dotation globale horaire (DGH) soumise pour la deuxième fois consécutive hier soir, au conseil d’administration du lycée, les personnels ont de nouveau cessé le
travail. Ils se sont rendus au rectorat d’Aix-en-Provence pour dénoncer ces réductions d’heures dont les conséquences sont qualifiées de désastreuses.
De leur côté, les lycéens ne cachaient pas leur amertume. Dans une motion, ils s’étaient émus de la décision du rectorat qui a
décidé d’enlever des moyens au lycée au prétexte que « le taux de réussite n’est pas suffisant ». Sans que l’on sache d’ailleurs sur quels critères se sont basés les services du rectorat pour
justifier d’une telle décision.
Dans un lycée qui accueille près de 450 élèves, avec une classe de 3e DP6, une section d’intégration pour primo-arrivant, des CAP et
BAC pro des métiers du graphisme, de l’horlogerie, de la sérigraphie, de l’imprimerie, le traitement de la difficulté a toujours été au cœur des préoccupations. La suppression drastique de moyens
aura pour conséquence le regroupement de classes de deux domaines différents dans les matières générales.
« Jusqu’à présent nous avions de bonnes conditions de travail, en mettant les élèves en classe entière, c’est impossible » témoigne
un professeur de français.
Les parents d’élèves parlent de trahison
Élèves de seconde communication graphique, Fanny et Ani, parlent des heures de cours qui virent au cauchemar lorsque l’effectif
passe de 15 à 30 élèves. « A la rentrée, nous serons 30 dans toutes les matières. Pour ceux qui veulent bosser ce sera très difficile. Pire qu’au collège. » Le collège n’a pas laissé que de bons
souvenirs. Pour ces élèves de terminale des métiers de la communication et du graphisme, c’est au collège que leurs difficultés se sont aggravées. « J’étais tombé bien bas en 4e. Ici, nous sommes
considérés comme de vrais élèves », témoigne un lycéen bien décidé à poursuivre ses études.
Classes surchargées, réforme du BAC pro en trois ans au lieu de quatre, les futurs bacheliers ne voient pas comment les nouveaux
vont pouvoir s’en sortir. Les lycéens, les parents, les profs ont écrit des motions, mais rien n’y fait, juste quelques heures grappillées ça et là. Le pire reste le sort réservé aux élèves de
CAP en communication graphiste. « On nous avait promis la continuité de nos études », témoigne une élève. Au mois de février, on leur apprend que le BAC pro en trois ans, qui devait ouvrir à la
rentrée, ne verra jamais le jour. « Avec un CAP, on ne trouve pas de boulot. Tout ce qu’il nous reste c’est l’alternance ou aller taper à la porte d’un lycée privé. » Des parents avaient parlé de
trahison. On leur avait promis un cursus sur mesure pour leurs enfants. Le début d’une grande déception. La fin des illusions.
CATHERINE WALGENWITZ
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