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Société - Article paru le 6 novembre 2009 dans l'Humanité

 

Précarité : Le quotidien galère de Nadia, mère célibataire !

Depuis qu’elle a quitté son mari, violent, cette jeune femme de trente-cinq ans élève seule ses quatre enfants avec à peine 900 euros par mois. Une situation de précarité qui touche de plus en plus de femmes, alerte le Secours catholique.


Tout ce dont dispose Nadia (1), trente-cinq ans, pour vivre avec ses quatre enfants, c’est « 880 euros par mois ». Autant dire que « les fins de mois sont difficiles » pour cette mère célibataire, qui vit près de Meaux (Seine-et-Marne) et dont la situation illustre bien le constat alarmant dressé par le dernier rapport du Secours catholique : la pauvreté frappe de plus en plus durement les femmes . « Toujours compter et rester dans le budget », ne pas en sortir sous peine d’être dans le rouge, la hantise est permanente pour Nadia. Le plus dur, c’est de « devoir dire non à mes enfants », surtout quand ils réclament « des trucs de leur âge ». Mais elle avoue tenir sur ce point et se battre contre ces « enfants consommateurs que produit notre société ».


« Ne pas baisser les bras, tenir bon pour eux »

Seule sortie que Nadia accorde à sa petite famille : « Le cinéma pour les anniversaires. » « Ce n’est pas évident tous les jours, mais je ne peux pas baisser les bras, je dois tenir bon pour eux », explique-t-elle. Eux, ce sont ses deux grands fils (quinze et neuf ans) et ses deux petites filles (six et cinq ans). Et pourtant les difficultés ne manquent pas : bénéficiaire du RSA depuis près d’un an, Nadia raconte la pression des services de l’ANPE et de la mission locale pour qu’elle retrouve du travail. Une perspective qu’elle ne refuse pas, malgré son isolement. Multipliant « les remises à niveau et les formations », elle a même décroché son permis de conduire il y a peu, non sans une certaine fierté. Son espoir : retrouver du travail dans le domaine médical. Mais, pour l’heure, les contraintes lui semblent insurmontables  : « Qui s’occuperait de mes enfants ? » Prendre une nounou ? « Cela engloutirait une bonne partie de mon salaire. » « Au départ, dit-elle, je ne voulais pas témoigner. Mais l’idée que mon histoire fasse peut-être bouger les choses m’a redonné confiance. » Aussi Nadia raconte-t-elle ce mari violent, « d’abord par les mots, puis par les coups », la décision de le quitter qui s’impose bientôt, la séparation, son combat pour retrouver sa dignité.


« Susciter un autre regard sur ces mamans seules »


Toujours en instance de divorce, Nadia refuse d’être réduite à ce « statut » de femme battue, une image qu’on lui accole encore. Mélancolique mais sans rancœur, la jeune femme espère susciter « un autre regard sur toutes ces mamans seules, si peu aidées mais de plus en plus nombreuses ».

Malika Ouatiris

(1) Le prénom a été modifié.

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Tag(s) : #Société
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