Précarité : Le quotidien galère de Nadia, mère célibataire !
Tout ce dont dispose Nadia (1), trente-cinq ans, pour vivre avec ses quatre enfants, c’est « 880 euros par mois ». Autant dire que « les fins de mois sont difficiles » pour
cette mère célibataire, qui vit près de Meaux (Seine-et-Marne) et dont la situation illustre bien le constat alarmant dressé par le dernier rapport du Secours catholique : la pauvreté
frappe de plus en plus durement les femmes . « Toujours compter et rester dans le budget », ne pas en sortir sous peine d’être dans le rouge, la hantise est permanente pour Nadia. Le
plus dur, c’est de « devoir dire non à mes enfants », surtout quand ils réclament « des trucs de leur âge ». Mais elle avoue tenir sur ce point et se battre contre ces
« enfants consommateurs que produit notre société ».
« Ne pas baisser les bras, tenir bon pour eux »
Seule sortie que Nadia accorde à sa petite famille : « Le cinéma pour les anniversaires. » « Ce
n’est pas évident tous les jours, mais je ne peux pas baisser les bras, je dois tenir bon pour eux », explique-t-elle. Eux, ce sont ses deux grands fils (quinze et neuf ans) et ses deux
petites filles (six et cinq ans). Et pourtant les difficultés ne manquent pas : bénéficiaire du RSA depuis près d’un an, Nadia raconte la pression des services de l’ANPE et de la mission locale
pour qu’elle retrouve du travail. Une perspective qu’elle ne refuse pas, malgré son isolement. Multipliant « les remises à niveau et les formations », elle a même décroché son permis
de conduire il y a peu, non sans une certaine fierté. Son espoir : retrouver du travail dans le domaine médical. Mais, pour l’heure, les contraintes lui semblent insurmontables :
« Qui s’occuperait de mes enfants ? » Prendre une nounou ? « Cela engloutirait une bonne partie de mon salaire. » « Au départ, dit-elle, je ne voulais pas
témoigner. Mais l’idée que mon histoire fasse peut-être bouger les choses m’a redonné confiance. » Aussi Nadia raconte-t-elle ce mari violent, « d’abord par les mots, puis par les
coups », la décision de le quitter qui s’impose bientôt, la séparation, son combat pour retrouver sa dignité.
« Susciter un autre regard sur ces mamans seules »
Toujours en instance de divorce, Nadia refuse d’être réduite à ce « statut » de femme battue, une image qu’on lui accole encore. Mélancolique mais sans rancœur, la jeune femme espère
susciter « un autre regard sur toutes ces mamans seules, si peu aidées mais de plus en plus nombreuses ».
Malika Ouatiris
(1) Le prénom a été modifié.
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