Pourquoi ils s’engagent lors des élections régionales
PASCAL ESTIER, MAIRE (DIVERS GAUCHE) DE LA COMMUNE LES ANCIZES-COMPS DE 2 000 HABITANTS DANS LE PUY-DEDÔME
:
« Mon engagement avec le Front de gauche participe de l’histoire d’homme et d’élu. Je suis maire d’une commune ouvrière avec une très grosse industrie. Dans le mandat précédent, nous avons eu à gérer un plan social avec l’entreprise Aubert-Duval. Ça me crée des rapports particuliers avec la population, notamment ouvrière. Je suis fi ls d’ouvrier. J’ai donc réagi au plus près des hommes en me disant : la bonne position, comme maire, c’est la défense de l’humain. J’ai un coeur, une histoire qui me lie au monde ouvrier et je le défends. Cette attitude m’a positionné politiquement. Je suis très impliqué pour la préservation des services publics ou bien, comme architecte, dans l’action pour le logement social. Élu depuis 1983, j’ai été sollicité par le PS. Mais, sans être encarté, mon engagement est plus à gauche. Je côtoie le PCF et les idées du Front de gauche me vont bien. D’autant que dans le Puy-de-Dôme il y a le député (PCF) André Chassaigne, un homme remarquable avec un sens humain assez costaud pour fédérer. »
THIERRY DUMEZ, RESPONSABLE SYNDICAL DÉPARTEMENTAL EN RÉGION PARISIENNE :
« Mon engagement avec le Front de gauche vise à prolonger les luttes que nous avons connues au printemps dernier pour l’emploi et les salaires, à s’opposer à la politique de Nicolas Sarkozy. Le monde du travail souffre avec les licenciements, la précarité, ce que vivent les sans-papiers… Des résistances s’organisent mais je ressens le besoin urgent d’ouvrir une alternative politique et sociale pleinement à gauche. Celle-ci fait défaut aujourd’hui au mouvement social. Le Front de gauche porte, pour moi, une perspective vraiment à gauche. Les formations qui le composent, notamment le PCF, font des propositions politiques qui répondent aux attentes sociales. Par exemple celle de donner des droits nouveaux aux salariés d’intervenir dans les choix de gestion des entreprises. Les régionales sont un rendez-vous important pour mettre un carton rouge à Sarkozy. Mais aussi pour avancer sur la question des transports en commun, pour s’opposer au Grand Paris et au projet de réforme des collectivités territoriales… »
ANNE MESLIAND, ENSEIGNANTE À L’IUT D’AIX-EN-PROVENCE, RESPONSABLE SYNDICALE ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR :
« Je renouvelle mon engagement au Front de gauche, après avoir été candidate sur ses listes aux élections européennes car je suis très attachée à sa démarche. En tant que syndicaliste, j’ai été amenée à m’interroger sur les conditions politiques nécessaires à la satisfaction de nos revendications, et en quelque sorte à l’urgence d’une perspective politique pour un changement, sans quoi notre action trouvait des limites. Le Front de gauche, après un temps de découragement, m’est apparu comme une construction allant dans ce sens. Non seulement il porte en lui une perspective de rassemblement et d’unité, mais aussi de véritable transformation à partir d’une bonne analyse de la politique de nocivité de la droite et des impasses d’un certain nombre de gouvernements, y compris de gauche. Je pense qu’il y a une urgence à résister, à s’opposer à la politique sarkoziste qui est destructrice de valeurs et du service public. On vit une époque de très grande violence politique et sociale. J’ai été très contente que les communistes fassent le choix du Front de gauche pour les régionales. Car, au-delà de l’enjeu électoral immédiat, il faut faire vivre cette démarche qui est sans doute, à l’heure actuelle, notre seul espoir d’une transformation possible qui ne soit pas du replâtrage. »
BERNARD DEFAIX, PRÉSIDENT DU COLLECTIF DE DÉFENSE ET DE DÉVELOPPEMENT DES SERVICES PUBLICS :
« Le Front de gauche, qui rassemble différentes sensibilités sur une vision partagée de l’organisation sociale, sur l’égalité, sur la solidarité, sur la place des services publics, correspond à mes attentes. C’est pourquoi aujourd’hui, personnellement, je m’engage. La constitution d’une alliance à vocation majoritaire pour une véritable alternative à la politique actuelle, qui dégrade sérieusement les valeurs fondant notre république, que pour ma part je n’imagine pas autrement que sociale, représente une réelle perspective. Les élections régionales peuvent être un moment important pour construire cette alternative de gauche. D’autant que la région est un niveau de gestion où le Front de gauche peut faire vivre, en partenariat avec les départements, un projet politique solidaire, équilibré et homogène entre les territoires et non, comme aujourd’hui, leur mise en concurrence au détriment des populations. »
DIDIER DREYFUSS, CHEF DE SERVICE DE RÉANIMATION, PROFESSEUR DE MÉDECINE À PARIS DIDEROT, ANIMATEUR DU COLLECTIF « APPEL DES APPELS » :
« Je vois la dégradation épouvantable de pans entiers de la société notamment à l’hôpital, avec cette loi Hôpital, patients, santé et territoires, entraînant dégradation des conditions de fonctionnement, départs non remplacés, restructuration des services sans logique médicale mais comptable. Je constate que toutes les protestations n’ont pas permis de nous faire entendre. Pourtant, en avril, fait unique, nous étions nombreux, chefs de service, ouvrier, cadres, infi rmières dans la rue. Homme de gauche, je n’étais pas jusqu’à présent engagé en politique. Mais ce pouvoir ne reculera jamais, il faut lui faire perdre les élections. C’est le pourquoi de mon engagement avec le front de gauche. Hier, j’ai selon les circonstances voté PS, PC ou Front de gauche. Aujourd’hui, j’ai une confi ance très modéré dans la capacité du PS à changer les choses, car il faut prendre en compte la réalité des problèmes sociaux, ce que fait pleinement le Front de gauche. Les élections régionales sont une occasion à ne pas louper. »
PROPOS RECUEILLIS PAR MINA KACI ET MAX STAAT
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