Pour le Front de gauche, "ce n'est pas un bon résultat"
Rédaction Web
18 Juin, 2012
Législatives
Avec dix députés élus sur dix-neuf sortants, le Front de gauche pourra cependant constituer un groupe parlementaire avec le soutien d'élus
ultra-marins, pour faire porter les aspirations du mouvement social à l'Assemblée nationale.
Les élus
André Chassaigne est ainsi largement réélu (67%) dans le Puy-de-Dôme. Dans le Cher, Nicolas Sansu remplace Jean-Claude
Sandrier. Dans l'Oise, Patrice Carvalho sort vainqueur d'une triangulaire Front de gauche-UMP-FN. Dans les Bouches-du-Rhône, Gaby Charroux remporte son
duel face au Front national avec plus de 60% des voix. Le Nord demeure une place forte du Front de gauche avec trois élus. Les deux députés sortants communistes, Alain
Bocquet (20e) et Jean-Jacques Candelier (16e), ainsi que leur collègue Parti de gauche Marc Dolez (17e), conservent leur circonscription. En
Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet et François Asensi passent, de même que Jacqueline Fraysse dans les Hauts-de-Seine.
En revanche, Fabien Thiémé (44,17%) ne parvient pas à pousser hors de l'Assemblée Jean-Louis Borloo. Patrick Braouezec,
non-investi pour le deuxième tour par le Front de gauche, mais soutenu par ses composantes locales, ne l'a pas emporté face au socialiste Mathieu Hanotin.
Les résultats n'ont rien à voir avec la réalité
Dressant un bilan à chaud tout de suite après les résultats, Pierre Laurent, a estimé ce dimanche auprès de l'AFP que le score du Front de
gauche aux législatives n'était "pas un bon résultat". Pour le secrétaire national du PCF [1], "le mode de scrutin et l'inversion du calendrier électoral
dénaturent la portée des élections législatives et déforment le paysage de l'Assemblée nationale au profit du bipartisme. A gauche, la majorité législative est ainsi distordue par
rapport à la réalité de la majorité politique de gauche dans le pays".
Pierre Laurent relève ainsi qu'avec 65% des voix de la gauche à l'élection présidentielle, le PS rafle plus de 90% des députés de gauche. A l'inverse, les
25% des voix de gauche à la présidentielle que représente le Front de gauche ne débouche que sur moins 5% des députés de gauche. "C'est une anomalie provoquée par une logique
institutionnelle implacable qui, de scrutins en scrutin, a permis aux deux plus grosses formations de monopoliser aujourd'hui 90% des sièges à l'Assemblée nationale."
"Porte-parole des attentes du mouvement social"
"Nous avons payé cher notre autonomie", souligne lui aussi Jean-Luc Mélenchon. Pour l'ex-candidat dans la circonscription de Hénin-Beaumont, les voix du
Front de gauche à l'Assemblée nationale auront une utilité: "Nous serons les porte-parole des attentes du mouvement social, sans concession ni naïveté, ni impatience."
Pour se faire, le mouvement devrait bien disposer d'un groupe parlementaire, grâce au soutien de députés d'Outre-mer qui étaient déjà présent dans le groupe
Gauche démocratique et républicaine en 2007, ou l'abaissement à dix du seuil d'élus nécessaires. Relevant que les socialistes l'avaient accordé au Sénat pour les élus d'Europe écologie
les Verts, Jean-Luc Mélenchon "pense que les socialistes n'ont pas intérêt à bloquer cela à l'Assemblée".
"Autonomes et constructifs"
interrogée sur une éventuelle entrée du PCF dans le gouvernement à l'issue des législatives, Marie-George Buffet a expliqué: "Nous ne pensons pas que ce
programme (en 60 propositions de François Hollande) soit apte dans sa totalité à nous sortir de la crise donc nous serons dans la majorité de gauche mais autonomes et
constructifs".
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S.G.
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