Législatives : la gauche domine l'Assemblée nationale
Rédaction Web
17 Juin, 2012
L'ensemble de la gauche totalise près de 51% des voix au second tour des élections législatives, contre 44, 08% pourl'UMP et ses alliés et 3,82% pour
l'extrême-droite. Un score rarement atteint dans son histoire, selon une totalisation du ministère de l'Intérieur portant sur 42,1 millions d'électeurs inscrits. Première analyse de ce
scrutin.
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Le tandem Hollande-Ayrault conforté.
Avec la majorité absolue annoncée à l'Assemblée nationale, François Hollande et son Premier ministre Jean-Marc Ayrault possèdent tous les leviers du
pouvoir en contrôlant l'exécutif et les deux parlements. Ils n'ont pas besoin de composer avec les voix des écologistes d'EELV ni de celles du Front de gauche. Aucune excuse donc
pour la nouvelle majorité à ne pas réussir dans ces conditions.
Le seul accroc à la vague rose est la défaite
de la candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal [1], en grande difficulté dans la circonscription de La Rochelle, sous le feu
médiatique depuis le soutien de la première dame Valérie Trierweiler au dissident PS Olivier Falorni.
Prenant acte de ces résultats plus que favorables, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a remercié dimanche soir les Français d'avoir
"choisi la cohérence" en donnant une "majorité solide" au gouvernement au second tour des législatives. Avant le remaniement ministériel qui devrait intervenir jeudi, le chef du
gouvernement a signifié trois priorités: le rétablissement des comptes publics, le retour de la croissance et le recul du chômage.
Ponctuant son intervention très creuse, Jean-Marc Ayrault a indiqué que la "démocratie parlementaire serait restaurée", et "Les droits de l'opposition
(seront) garantis". "Nous sommes certes majoritaires, mais je connais le besoin de pluralité des Français, je veillerai à le garantir", a-t-il indiqué. Sur ce point aussi, l'action du
gouvernement sera scrutée.
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La droite enregistre sa plus lourde défaite depuis 1981
L'UMP voulait limiter la casse. Avec un peu plus de 200 députés obtenus, ce parti qui bascule dans l'opposition pour la première fois depuis sa création
enregistre sa plus forte défaite depuis 1981. Balayées certaines têtes d'affiche de l'ex-parti sarkozyste: Nadine Morano, Michèle Alliot-Marie, Hervé Novelli, Eric Raoult et Claude
Guéant, le ministre de l'Intérieur qui a tant oeuvré au rapprochement avec le Front national.
Mais ses principaux cadres seront de la prochaine Assemblée. Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet et François Devedjian s'en sortent
de justesse. Ils seront au côté de François Fillon, Jean-François Copé, Eric Ciotti, François Baroin, Dominique Bussereau, Hervé Mariton, Bruno Le Maire, Hervé Morin, Laurent Wauquiez,
Luc Chatel, Jean-Louis Borloo, Bernard Accoyer et même Eric Woerth.
Tout ce joli monde aura à redéfinir l'UMP, entre les tenants d'un rapprochement avec l'extrême-droite et les partisans d'un recentrage.
Jean-François Copé, tenant du "ni (gauche)-ni (FN)" a appelé à ouvrir "une vaste réflexion sur (les) valeurs" de l'UMP. "Une réflexion de fond est indispensable sur ce qui nous rassemble,
sur le socle de nos valeurs et sur notre projet commun", a prévenu Alain Juppé.
A l'image de Bruno Le Maire qui prévenait dès vendredi que "le ni-ni (ni FN, ni gauche) ne suffira pas sur le long terme", les langues commencent à se délier et la guerre des chefs pour la présidence du parti pourrait reprendre de plus bel. Conscient du risque, Jean-François Copé a appelé ce dimanche à faire de la session extraordinaire du Parlement une "priorité absolue" et à éviter à tout prix les "querelles de personnes". Les règlements de compte risquent de se multiplier, à encore cinq mois du prochain congrès de l'UMP,au cours duquel les quelque 240.000 militants seront appelés à y élire leur président, poste "gelé" pendant tout le bail élyséen de Nicolas Sarkozy. Jean-François Copé et François Fillon se sont déjà placés. D'autres ténors pourraient entrer dans la danse, comme Alain Juppé; Laurent Wauquiez ou Nathalie Kosciusko-Morizet.
A l'image de Bruno Le Maire qui prévenait dès vendredi que "le ni-ni (ni FN, ni gauche) ne suffira pas sur le long terme", les langues commencent à se délier et la guerre des chefs pour la présidence du parti pourrait reprendre de plus bel. Conscient du risque, Jean-François Copé a appelé ce dimanche à faire de la session extraordinaire du Parlement une "priorité absolue" et à éviter à tout prix les "querelles de personnes". Les règlements de compte risquent de se multiplier, à encore cinq mois du prochain congrès de l'UMP,au cours duquel les quelque 240.000 militants seront appelés à y élire leur président, poste "gelé" pendant tout le bail élyséen de Nicolas Sarkozy. Jean-François Copé et François Fillon se sont déjà placés. D'autres ténors pourraient entrer dans la danse, comme Alain Juppé; Laurent Wauquiez ou Nathalie Kosciusko-Morizet.
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Pour le Front de gauche, "ce n'est pas un bon résultat"
Avec aux alentours de 11 députés, le Front de gauche devra constituer un groupe technique avec d'autres sensibilités de gauche, comme c'était le cas du
groupe GDR, ou voir le seuil abaissé à 10 députés. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a estimé ce dimanche auprès de l'AFP que le score du Front de gauche aux
législatives n'était "pas un bon résultat" mais qu'un groupe à l'Assemblée nationale (minimum de 15 députés) était toujours possible. Avec 9 à 11 élus FG selon les instituts (contre 19
sortants), "on va disposer d'un groupe" en ajoutant probablement des députés d'outremer, a-t-il affirmé, disant sa "satisfaction que la gauche soit largement majoritaire
à l'Assemblée" malgré "la mauvaise nouvelle" de l'entrée du Front national.
Pour Jean-Luc Mélenchon, "le pays confirme qu'il ne veut pas de la droite. C'est l'aspect positif. Le côté négatif est qu'une formation
comme la notre, qui a réuni 4 millions de voix à la présidentielle, qui a eu 600.000 voix de plus que les législatives de 2007, ne possède que 11 députés. La situation est consternante.
C'est un système absurde", note le candidat Front de gauche à la présidentielle. "Au Sénat, on peut avoir un groupe à dix. Je pense que les socialistes n'ont pas intérêt à bloquer cela à
l'Assemblée."
interrogée sur une éventuelle entrée du PCF dans le gouvernement à l'issue des législatives, Marie-George Buffet a expliqué: "Nous ne pensons pas que ce
programme (en 60 propositions de François Hollande) soit apte dans sa totalité à nous sortir de la crise donc nous serons dans la majorité de gauche mais autonomes et
constructifs".
Les élus du soir: André Chassaigne élu (67%) dans le Puy-de-Dôme; Nicolas Sansu dans le Cher; dans l'Oise, Patrice Carvalho, sorti vainqueur
de la triangulaire Front de gauche-UMP-FN; dans les Bouches-du-Rhône,Gaby Charroux gagne face au FN avec plus de 60% des voix. Dans le Nord, Jean-Jacques Candelier et Marc Dolez emportent
eux-aussi un siège de député. En Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet et François Asensi passent, de même que Jacqueline Fraysse dans les Hauts-de-Seine
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Un groupe parlementaire pour EELV
Avec entre 18 et 24 sièges, Europe écologie Les Verts n'obtient pas la trentaine de députés que le mouvement écologiste espérait à la
signature de l'accord électoral avec le Parti socialiste et ses alliés avant la présidentielle. Jean-Vincent Placé, patron des sénateurs EELV, salue tout de même la possibilité de former
un groupe parlementaire EELV: "Nous oeuvrerons, avec ce groupe qui semble acquis, pour peser, pour changer de démocratie, et aller vers une République bien plus parlementaire."
D'après lui, cette vingtaine de députés, "c'est l'étiage qui était le nôtre lorsque nous avions conclu notre accord avec le PS", en novembre. L'accord réservait une soixantaine de circonscriptions pour les candidats EELV, avec 25 à 30 en cas de victoire de la gauche.
D'après lui, cette vingtaine de députés, "c'est l'étiage qui était le nôtre lorsque nous avions conclu notre accord avec le PS", en novembre. L'accord réservait une soixantaine de circonscriptions pour les candidats EELV, avec 25 à 30 en cas de victoire de la gauche.
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Deux députés Front national à l'Assemblée
Le Front national entre à l'Assemblée pour la première fois depuis 1998. La nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, est élue dans le
Vaucluse grâce à une triangulaire FN-UMP-PS, la candidate socialiste ayant refusé de se retirer pour présenter un front républicain contre la représentante de l'extrême-droite.
"Je trouve que ma petite-fille est d'une bonne race", a commenté à sa façon Jean-Marie Le Pen, grand-père de l'élue. Gilbert Collard gagne lui-aussi son
pari dans le Gard, mais de peu, avec 670 voix d'avance sur son adversaire socialiste. Un troisième député d'extrême droite retrouvera bientôt le Palais Bourbon. Il s'agit de
Jacques Bompard, président de la Ligue du sud et ancien compagnon de route de Jean-Marie Le Pen au FN, qui a été élu dimanche dans le Vaucluse.
En revanche, Marine Le Pen reste à la porte de l'Assemblée nationale. La présidente du parti d'extrême-droite enregistre un échec électoral
en étant battue par le candidat socialiste, "de quelques voix" du propre aveu de Philippe Kémel. D'autres candidats frontistes ont perdu dans des circonscriptions où ils étaient bien
placés. C'est le cas notamment de Valérie Laupies dans la 16e des Bouches-du-Rhône, où, cas unique, l'UMP Roland Chassain s'était retiré du second tour pour faire battre le PS Michel
Vauzelle. Quant à Florian Philippot, l'un des plus proches lieutenants de Marine Le Pen, il s'incline à Forbach (6e de Moselle), avec 46,30% contre 53,70% pour le PS Laurent
Kalinowski.
Même personnellement défaite, Marine Le Pen poursuit ses appels à la recomposition politique à droite: "Ce soir l'UMP paye sa contradiction
idéologique et ses compromissions politiques", a-t-elle estimé. "Le centre disparaît", selon la patronne de l'extrême droite, qui entend à présent "réunir autour (du FN) une grande force
d'alternative au socialisme".
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Le Modem sera représenté
Le MoDem sera aussi présent, en conservant un à deux sièges dans le nouvel hémicycle. En revanche, son leader François Bayrou connaît un deuxième
revers du printemps après son modeste score de la présidentielle (9,1%) et voit son avenir politique s'assombrir. Il l'a reconnu lui-même après sa défaite à Pau dans la
circonscription des Pyrénées-Atlantiques dont il était député depuis 1986. "Ce choix va bien sûr m'entraîner à changer la forme de mon engagement, à prendre le recul qu'on s'impose quand
on n'a pas réussi au moins momentanément à convaincre les siens", a dit le président du MoDem dans une courte déclaration.
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S.G.
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