
Le conseil économique, social et environnemental (CESE) dresse un bilan sévère des deux premières années de fonctionnement du service public de l'emploi, jugeant en particulier toujours "très insuffisant" l'accompagnement des demandeurs d'emploi.
"La mission d'accompagnement des demandeurs d'emploi demeure très insuffisante et le service aux entreprises encore perfectible", précise le document de la section travail et emploi du CESE [1]présidée par Françoise Geng (CGT).
Trois ans après la loi sur le service public de l'emploi, suivie de l'ouverture au public en janvier 2009 de Pôle emploi [2] né de la fusion des Assedic et de l'ANPE, "cette réforme n'a pas encore produit tous les résultats attendus", indique le rapport du conseil. Certes les auteurs prennent acte du contexte "peu favorable" dans lequel est intervenu le travail de fusion, avec la dégradation brutale de l'emploi et une très forte hausse des demandeurs mais ils estiment que la restructuration a été "peu préparée" et reste "inachevée". De plus, ils notent qu'aucune étude d'impact n'a eu lieu préalablement à la réforme, "conçue comme potentiellement source d'économies" de gestion et, par contrecoup, de moyens supplémentaires pour le suivi des demandeurs d'emploi. Elle a même été "génératrice de surcoûts", avec notamment une augmentation des coûts de fonctionnement immobilier jusqu'en 2015.
La mission de Pôle emploi épinglée
Mais surtout le projet d'avis épingle "un accompagnement insuffisant des demandeurs d'emploi", qui devait pourtant "constituer une mission essentielle de Pôle emploi". "En termes de retour à l'emploi des chômeurs", l'efficacité du service public de l'emploi est également "limitée". Notamment parce qu'un certain nombre d'engagements ne sont pas tenus ou apparaissent "inadaptés" comme le délai de quatre mois entre l'inscription d'une demandeur à Pôle emploi et le premier entretien de suivi mensuel personnalisé.
22 recommandations préconisées
Le CESE émet 22 recommandations pour "renforcer le service public de l'emploi". Parmi celles-ci, la diminution du nombre de chômeurs suivis par chaque conseiller, une meilleure personnalisation des services rendus, un renforcement des offres de formation, ainsi qu’une amélioration du service d’indemnisation. Pour cela, il faut "accroître les moyens de Pôle emploi", alors que "le désengagement de l'Etat met à mal (son) autonomie budgétaire" et en "rénover la gouvernance", avec davantage de poids pour les partenaires sociaux.
Les usagers ne sont pas les seuls pris en compte : le CESE se penche aussi sur les difficultés engendrées par la réforme pour les personnels de Pôle emploi, recommandant notamment de veiller aux "les risques psychosociaux des agents" et d'engager une réflexion sur l'évolution des métiers.
A lire :
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)