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PCF : Sur la vocation du Front de Gauche

Une note de Pierre Bachman

Affiche PCF rompre avec la politique du capital



Dans une campagne électorale qui tarde à démarrer, où il me semble que presque seuls, Jean-Marc Coppola et quelques sections ont pris des dispositions concrètes, où des ambiguïtés persistent par rapport à la gauche et au parti socialiste, soit sectaires soit plus ou moins opportunistes, il n’est pas inutile de rappeler simplement l’objectif, la nature ou l’objet du Front de Gauche.

Tout d’abord la gauche existe bel et bien. Elle est une construction historique du mouvement progressiste dans les sociétés européennes, en particulier en France avec les spécificités que l’on connaît : sa formation en deux grands pôles : l’un révolutionnaire, l’autre réformiste. Mais d’une certaine façon, la gauche s’est toujours voulue radicale par rapport au conservatisme, à l’église, aux forces passéistes. C’est elle qui a inventé la laïcité avec Blum et Jaurès. Au XIXe siècle ce radicalisme s’exprimait... Au parti radical puis au Parti Socialiste. Ceci n’empêchait pas les contradictions car cette gauche de là pouvait être aussi colonialiste par exemple. Mais en tous les cas elle portait des idées de progrès et de développement humain qui s’ancraient sur les acquis de la révolution française avec notamment l’idée d’intérêt général supérieur aux intérêts particuliers. La révolution russe de 1917 a fait émerger un nouveau « radicalisme » avec la naissance du Parti Communiste Français et d’autres forces se réclamant du trotskisme. Les débats, les conflits au sein de la gauche ne sont donc pas nouveaux.

Dans la période la plus récente (ces 30 dernières années) marquée par une puissante contre-offensive des forces réactionnaires, capitalistes et libérales, l’idée même d’intervention politique a reculé dans notre pays. Ce recul a évidemment touché notre parti. Mais il a aussi et surtout touché le Parti Socialiste. On peut même dire que ce parti, à partir de 1983, sous la présidence de François Mitterand, l’a favorisé par l’apologie du profit et du renoncement. Conséquence : sur le moyen et le long terme une dévastation de l’action citoyenne qui se perd aujourd’hui dans les méandres segmentés du mouvement associatif, des O.N.G., des modes de penser trop souvent futiles ou consuméristes et pour nous trop souvent aussi dans la nostalgie d’un « glorieux passé ».

Dans ces conditions, une « gauche molle » entraîne inévitablement le retour au pouvoir d’État, de façon durable, d’une « droite dure », sans cesse de plus en plus dure qui peut conduire à un populisme néofasciste : aujourd’hui en Europe nous avons déjà mis le pied dans ce type de régime.

L’enjeu est donc simple : avec le Front de Gauche, avec en son cœur notre parti, il faut briser ce cercle infernal pour placer la gauche dans un processus de rupture avec ce capitalisme en crise depuis 40 ans et dont les derniers développements mettent encore plus en évidence sa brutalité et son cynisme : aux riches la richesse et les pouvoirs, aux autres le devoir et l’austérité sous couvert de l’hypocrite moralisation de ses régulations. Et ceci quel que soit le « mérite » des majorités de gauches qui ont pu gérer nos régions. Car aujourd’hui il ne s’agit plus de « gérer », ni même simplement de résister, mais il faut s’opposer, subvertir et si nécessaire désobéir. Y compris au niveau des institutions pour créer les conditions de cette réelle rupture favorable au développement humain. Il n’y a là aucune surenchère extrémiste mais une prise de responsabilité historique qui s’inscrit dans la durée et passe par les élections régionales de mars prochain.

Pierre Bachman, Eguilles le 7 janvier 2010.

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Tag(s) : #Elections régionales 2010
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