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Intervention complète d'ALAIN BOLLA  au Conseil National du 16 avril 2010

 

L’intervention citoyenne est le cœur de toute possibilité de changement profond. La démarche de front permet de développer un processus de construction diversifié qui pose en permanence les questions des contenus et du rassemblement pour gagner sur les exigences sociales et de société.

 

Faire front sur tous les fronts impose d’être très clair sur les objectifs de transformations sociale et de société, sur la visée  communiste elle-même, car c’est notre boussole quel que soit le sujet.

 

Le front de gauche étant pour les communistes une démarche et non une organisation il est indispensable que son élargissement se concrétise par le débat et la conviction sur la base de contenus.

 

C’est donc en fonction de l’appréciation portée sur les contenus et la crédibilité du projet Mais aussi sur la démarche de rassemblement proposée que chaque organisation, chaque individu qui le souhaite décide de son implication ou pas.

 

Une démarche qui implique rigueur et détermination sur les contenus, souplesse de fonctionnement, respect des partenaires pour ce qu’ils sont. Mais elle implique aussi de maintenir des équilibres entre chaque partenaire permettant l’expression de la diversité dans le respect de chacune des composantes, de son histoire, de sa culture, de sa représentation, de sa force militante, de son rayonnement.

 

Cette dimension me paraît déterminante pour gagner de l’efficacité dans la dynamique collective, car c’est à partir de ces éléments que chaque composante, organisation et individualité, pourra être pleinement acteurs dans une démarche partagée de construction de rapports des forces favorable à l’alternative politique.

 

C’est donc en développement et en appui des luttes que notre démarche de front devrait gagner en efficacité.

 

Et les partenaires d’aujourd’hui ne seront pas forcément ceux de demain  si les contenus déterminent les contours du rassemblement

 

Si les partenaires étaient prédéterminés, nous serions dans une démarche de rassemblement de sommet plutôt que de contenus et de luttes?

 

Nous serions entrain de reconstruire la gauche plurielle sans le PS, mais avec les mêmes travers  De dépossession du peuple des objectifs, de la forme et du rythme des transformations à opérer.

 

Je pense qu’une des limites du front de gauche vient du fait que malgré les déclarations d’intentions, il est une machine électorale autours de ses trois piliers, alors que nous voulions qu’il soit une démarche de luttes permettant des transformations sociales immédiates et des succès électoraux pour des transformations de la société répondant aux enjeux et défis.

 

Dans ce cadre, le rôle et la place des partis politiques me semblent très important pour permettre une véritable dynamique collective sur les enjeux et les propositions à mettre en œuvre.

 

Rien n’est inné, rien n’est hasard, le sens donné aux propositions est fonction de l’appréciation qui est faite de la société et de la possibilité qui existe de les mettre en œuvre.

 

L’analyse de la société, ses évolutions et ses mutations, dans le contexte de crise du système est déterminante pour travailler aux conditions sociales et politiques de son dépassement dans l’action.

 

De ce point de vue, des organisations, des individus qui souhaitent changer le quotidien sans s’attaquer frontalement aux logiques capitalistes, se situent au final dans une démarche d’accompagnement et de gestion de la situation existante.

 

S’attaquer frontalement aux logiques capitalistes impose de travailler en profondeur les idées qui permettent d’ouvrir la perspective par des propositions novatrices et dans le même temps développer les luttes sociales et politiques qui structurent les rapports des forces.

 

De ce point de vue, la lutte sur les retraites est emblématique de l’affrontement capital/travail!

 

C’est donc dans un mouvement permanent et dans une démarche dialectique que s’ouvrent les chemins du changement.

 

L’existence et le renforcement du Parti Communiste Français comme outil me semble indispensable, incontournable au dépassement du capitalisme, à l’avènement d’une autre société.

 

Ni dilution, ni fusion, ni parti guide, ni hégémonique, simplement communiste aujourd’hui avec de grandes responsabilités historiques.

 

Dans le même temps, les expériences avec l’élection régionale, dans le prolongement des Européennes montrent toute la pertinence de la démarche de front engagée, mais aussi ses limites.

 

Analyser les causes et tenter d’y remédier ne peuvent se régler de manière « administrative » !

Les raisons politiques profondes doivent être débattues et dépassées par l’apport théorique collectif.

 

Avancer cela condamne au déclin toute organisation qui n’aurait pas la capacité de renouveler l’apport théorique notamment par le développement de la formation et la mise en dialectique permanente de la réalité, des luttes, avec la théorie et vice versa.

 

Il nous faut retrouver des repères collectifs pour tous les communistes comme nous avions par exemple les cahiers du communisme.

 

Les enjeux pour la transformation sociale et de la société posent la question de la gauche en France, en Europe et au niveau mondial.

 

Le PS est il de gauche ? Y a-t-il une « autre gauche » ? Le NPA est il condamné à l’isolement ?

 

Comment et pourquoi les recompositions politiques à gauche ? Quels enjeux de l’alternance et de l’alternative ?

 

Ces questions non exhaustives ne peuvent se régler simplement par une adhésion directe au front de gauche que pour ma part je rejette complètement. Pourtant ce sont à ces questions que la démarche engagée avec le Front de Gauche est confrontée.

 

Alors quel est l’objectif réel de l’annonce de la volonté de faire adhérer directement au FdG ?

 

Si ce n’est de vouloir engager avec la préparation du congrès du parti communiste français une accélération d’un processus de dilution.

 

Malgré tout ce qui est véhiculé et les difficulté que sont celles que le parti rencontre, je suis convaincu que nous avons les ressorts nécessaires pour relever les défis de la promotion d’idées et de pratiques nouvelles pour un communisme du XXI siècle avec un parti communiste français utile aux peuples.

 

Le renforcement du parti dans l’activité militante, dans les luttes en est une condition essentielle et les prochaines échéances électorales avec notamment les cantonales doivent être l’occasion de confirmer et d’amplifier les résultats obtenus lors des précédentes en ayant comme principe d’avoir des candidatures communistes dans chacun des cantons renouvelables et en travaillant les conditions de larges rassemblements à partir des réalités concrètes.

 

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Tag(s) : #Politique
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