Niqab : Hortefeux joue la dramatisation
Au commencement, il y a un PV dressé jeudi dernier à une conductrice voilée d’un niqab ne laissant apparaître que ses yeux. Un fait quasiment anodin auquel Brice Hortefeux va donner une tout autre dimension en laissant entendre que le mari de la conductrice serait polygame et que ses quatre femmes profiteraient indûment de l’allocation de parent isolé et que, donc, il faudrait, toute affaire cessante, vérifier ces assertions et déchoir l’individu de la nationalité française, acquise après son mariage avec une Française en 1999. Depuis, avalanche de commentaires et couverture médiatique démentielle.
A droite, on se félicite de la réaction ministérielle. A gauche, Jean-Marc Ayrault, député maire de Nantes, s’interroge sur le fait que le pouvoir "feint de découvrir" une situation qu’il connaissait. Marie-George Buffet, "en colère", a, elle, dénoncé "une opération politicienne du plus mauvais goût, parce que, quelque part, on fait le jeu des intégristes". "Si la polygamie est avérée, une loi existe dans ce pays, il faut que la justice passe", avant de préciser : "Il faut s’occuper des femmes (…), qu’elles puissent être logées, qu’elles puissent avoir des revenus, leur trouver un travail. Il faut agir contre la polygamie qui est une souffrance pour les femmes et les enfants. Il faut agir de façon rapide".
Le collectif des mosquées de Nantes s’est indigné "devant l’islamisation d’un événement (…) insignifiant, non représentatif des musulmans dans leur immense majorité".
Dany Stive
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