Mesures antisociales : François Fillon accélère le tempo
Rédaction Web
30 Janvier, 2012
A peine les mesures dévoilées par Nicolas Sarkozy dimanche soir, le rouleau compresseur François Fillon se met en route. Le Premier ministre a
annoncé ce lundi la mise en place de la hausse de la TVA et de la flexibilisation du temps de travail sous deux mois.
Pour la TVA, cela passera par un collectif budgétaire présenté au conseil des ministres dans dix jours. Le conseil des ministres du 8 février examinera aussi
la mesure relative au logement. Quant aux accords de compétitivité dans les entreprises, François Fillon place le couteau sous la gorge des syndicats. A ces derniers de se mettre d'accord
avec les représentants des organisations patronales ravies de la mesure qui permet aux entreprises de négocier le temps de travail des salariés en fonction de l'activité du moment. Si "le
sens des responsabilités des partenaires sociaux", dixit François Fillon, ne prévaut pas, le chef du gouvernement tranchera dans le vif "en déposant un projet de loi. Je ne vois aucune
raison qui pourrait nous conduire à aller moins vite", se demande François Fillon.
Flou sur les pénalités contre les entreprises
Raide dans ses bottes libérales, le Premier ministre est en revanche moins pressé de fixer le niveau des pénalités si les patrons ne respectent pas
"l'objectif très ambitieux" d'un relèvement du taux d'apprentis à 5% en 2015 dans les entreprises. Le gouvernement préfère casser le droit du travail plutôt que promouvoir les devoirs des
entreprises.
Prévision de croissance à la baisse
Toutes ces mesures relèvent bien d'un nouveau plan d'austérité. Le gouvernement a besoin de nouvelles rentrées, alors que François Fillon a avoué que les
prévisions de croissance retenues dans le budget 2012 étaient bien trop optimistes. Le chef du gouvernement vient de les abaisser de 1% à 0.5%. "Le budget très prudent que nous avions
construit permet d'absorber (ce trou de 5 milliards d'euros environ, ndlr) sans demander d'efforts supplémentaires", souligne t-il les doigts croisés dans son dos pour que la croissance
redémarre bien "avant la fin du premier semestre".
La crise sert d'argument à cette nouvelle charge d'austérité. "La violence de la crise, les engagements que nous avons collectivement pris au sein de la zone
euro, la dégradation de la situation économique rendent impossible et dérisoire l'idée d'une pause, clame François Fillon. Compte tenu du calendrier, si nous ne prenons pas des décisions
aujourd'hui, il y aura ensuite une longue interruption jusqu'au mois de juillet. (...) Ca veut dire qu'il n'y aura(it) aucune mesure de compétitivité prise en 2012 en France."
Coup de force démocratique
Le Premier ministre se fait ensuite plus menaçant: "Et les Français sauront que, s'ils votent pour l'opposition, ils se priveront de mesures extrêmement
efficaces." Après le coup de force libéral, la crise offre à l'UMP l'occasion d'un coup de force démocratique.
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