Rassemblés contre la casse du mouvement
Article paru dans La Marseillaise du mardi 26 octobre
2010
Retraites. L’intersyndicale a manifesté hier devant l’hôtel de ville. A l’occasion du conseil municipal, elle est venue contester le vote de la réforme et les atteintes abusives au droit de grève.
« La grève reconductible lancée par l’intersyndicale depuis le 23 septembre a pris de l’ampleur dans les écoles, les crèches et même
les bibliothèques », apprenait-on hier depuis l’hôtel de ville. L’intersyndicale CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa et Unef y avait organisé un rassemblement unitaire et interprofessionnel alors
que se tenait le conseil municipal. « M. Gaudin préfère le chemin de l’illégalité en demandant à tous les niveaux de la hiérarchie municipale de faire des faux et usage de faux plutôt que la voix
du dialogue social », accuse Pascale Beaulieux, secrétaire générale CGT des territoriaux de la communauté urbaine et des CCAS, qui ont déposé un nouveau préavis de grève pour la période du 2 au
30 novembre.
Postés symboliquement devant les locaux d’une tribune politique scrupuleusement gardée par une poignée de fonctionnaires de police,
les grévistes sont mobilisés contre la réforme des retraites bien sûr mais aussi contre les atteintes au droit de grève, les réquisitions abusives et « la répression destinée à éteindre le
mouvement social ».
Venus de Martigues, Fos, Istres ou Port-Saint-Louis
Pour casser la grève, le sénateur-maire de Marseille « stigmatise les agents des écoles en décidant de décompter plus d’heures de
grèves effectivement faites », souligne la secrétaire générale CGT pointant « l’illégalité et la violence » faite aux agents de la Ville en même temps que « le vote d’une loi inique, qui va
mettre en cause notre avenir pour répondre à l’appétit du patronat et des intérêts financiers ».
Egalement de la partie en solidarité au mouvement marseillais, les agents territoriaux de Martigues, d’Istres, de Port-Saint-Louis
ou encore de Fos-sur-Mer. « Le socle commun de l’intersyndicale reste le maintien du départ à la retraite à 60 ans », rappelle Roselyne Grach, déléguée CGT des territoriaux
d’Istres.
Agents territoriaux, de l’éducation, personnels de la Poste, de l’industrie pétrochimique ou encore étudiants, se sont rassemblés
pour « une autre répartition des richesses, de l’emploi et du service public » et « le maintien du mouvement social » avant que la nouvelle loi ne soit promulguée. L’intersyndicale appelle les
salariés à la reconduction du mouvement de grève via les deux nouvelles journées de mobilisation des 28 octobre et 6 novembre. « Le gouvernement doit entendre ce qui se passe dans la rue », note
Pierre Dharreville (PCF).
Pour sa part, le syndicat étudiant Unef, prévoit aujourd’hui, dans le cadre d'une journée nationale de mobilisation, une opération «
coup de poing » devant l’hôtel de ville à 10 heures.
EMMANUELLE BARRET
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