Marine Le Pen, un boomerang dans la tête de Sarkozy
A force d'instrumentaliser les thèses du Front National (FN), Nicolas Sarkozy et la droite en récoltent les fruits. Dans un sondage Harris Interactive publié par Le Parisien ce dimanche, Marine le Pen arriverait en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle de 2012, si le scrutin avait lieu aujourd'hui.
La leader du FN [1] obtiendrait 23% des intentions de vote au 1er tour, devant Nicolas Sarkozy et Martine Aubry au coude à coude à 21%. François Bayrou, le président du MoDem, recueillerait 8% des intentions de vote, tandis qu'Eva Joly d'Europe Ecologie - les Vert et Dominique de Villepin (République solidaire) obtiendraient 7% des intentions de vote. Olivier Besancenot (Nouveau parti anticapitaliste, NPA) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) arriveraient ensuite avec 5% chacun, devant Hervé Morin (Nouveau Centre), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), à 1% chacun. A noter que 35% des sondés s'abstiendraient.
Ce sondage, décrié pour avoir arbitrairement choisi Martine Aubry plutôt que Dominique Strauss-Kahn, pour représenter le Parti socialiste (une étude CSA du 24 février donnait DSK en tête, avec 28%, suivi de Nicolas Sarkozy à 23% et Marine Le Pen à 18%), installe donc pour la première fois Marine Le Pen en tête des intentions de vote [2]. De quoi réveiller les craintes d'un nouveau 21 avril 2002 (Chirac – Le Pen au deuxième tour des présidentielles).
Pour Martine Aubry, il s'agit du résultat du jeu "de quitte ou double [3]" auquel "Nicolas Sarkozy joue depuis des semaines" avec le débat sur la laïcité et l'islam. "Il ne veut pas changer de politique donc il fait peur. Il avait commencé avec l’identité nationale et les Roms maintenant ce sont les immigrés. Au lieu de se réjouir quand les peuples tunisien et égyptien se lèvent pour la démocratie, il fait peur aux Français comme si cela allait entraîner des hordes d’immigrés."
Pour Marie-George Buffet [4], ce sondage est un non-sens au vu du programme proposé par le Front national: "A quand un sondage pour alerter l’opinion sur les dangers portés par cette éventualité. Car enfin, pourquoi le peuple voterait –il pour aggraver sa situation ? Besoin de logement ? D'emploi? De Sécurité? De Liberté? D’Egalité pour les femmes? Mais Le Pen n’apporterait aucune solution à ces problèmes. On a vu ce que donnait travail, famille, patrie en son temps ! Du travail sous payé, une famille patriarcale sans autre droit que celui de suivre son maître à penser et une patrie en lambeau!"
Pour Jean-Luc Mélenchon, candidat à l'investiture du Front de gauche pour la présidentielle, "tout ça est une guignolisation de la politique, absolument invraisemblable", "une fabrication des instituts de sondages". C'est comme si "le père Noël était en tête".
A l'UMP, cette enquête ne remet rien en cause. "C'est un sondage parmi d'autres. Personne n'est dupe du rôle qu'on essaye de donner aux sondage dans notre démocratie. Je profite de l'occasion pour appeler l'ensemble de mes amis au plus grand sang-froid", a expliqué Jean-François Copé sur Radio J. Selon le président de l'UMP, le débat sur la "laïcité" est nécessaire parce que, dit-il les Français le demandent.
A lire: Le PCF n'abandonne pas le terrain au FN [5]
A lire: Le Pen-Sarkozy, les dangers de la surenchère [3]
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