Elle revient tous les ans. Pourtant le gouvernement semble avoir été pris de cours par la Journée internationale des femmes de ce mardi 8 mars. Au point d'annoncer en catastrophe ce midi par la voix de Roselyne Bachelot qu'il allait prendre en avril trois décrets visant à inciter les entreprises à s'attaquer aux inégalités hommes-femmes.
A regarder de plus près, l'affirmation de la ministre des Solidarités et de la Cohésion a tout de l'enfumage. Un peu plus tôt dans la journée, son confrère et ministre du Travail Xavier Bertrand n'avait pas l'air d'être au courant de la date, évoquant sur Europe 1 une publication "avant l'été".
Prévues depuis 2006, ces incitations, avec sanctions à la clé pour contraindre les entreprises à appliquer l'égalité salariale homme-femme [1], n'ont jamais vu le jour. Cette journée du 8 mars a remis un coup de projecteur sur cette omission gouvernementale.
Les textes dont a parlé Roselyne Bachelot doivent permettre d'appliquer un article de la loi réformant les retraites, qui prévoit de sanctionner financièrement, à partir du 1er janvier 2012, les entreprises de plus de 50 salariés qui n'ont pas publié de plan d'action pour résorber les inégalités professionnelles. "Les décrets que nous sommes en train de préparer avec beaucoup de soin, avec Xavier Bertrand, seront prêts pour le mois d'avril", a indiqué la ministre. La Halde et la députée (UMP) Marie-Jo Zimmermann avaient demandé la publication du décret sur les sanctions au plus vite.
"Nous aurons trois décrets (...), qui concernent les modalités de suivi des plans d'égalité professionnelle dans ces entreprises, les indicateurs et les objectifs qui seront soumis à publicité, et bien entendu, les sanctions financières, puisque c'est ça qui va rendre la loi applicable", a détaillé Roselyne Bachelot. Les sanctions seront graduées jusqu'à 1% de la masse salariale.
Sur le problème du temps partie [2]l, très largement subi par les femmes, le ministre Xavier Bertrand a là encore sorti les rames en appelant aujourd'hui à l'Assemblée à la tenue d'une "table ronde sur cette question". Elle aura lieu "mi-juin" et portera sur l'égalité professionnelle [3] et le partage des responsabilités entre hommes et femmes, a-t-on précisé au ministère des Solidarités. Roselyne Bachelot avait aussi annoncé plus tôt dans la journée que le gouvernement présenterait un plan d'action en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes "à la fin du mois de mai", avec des mesures qui concerneront notamment la Fonction publique.
Si le gouvernement montre peu d'empressement à ces questions, c'est sans doute parce que le chef de l'Etat n'est pas très fan de la Journée internationale des femmes. " La journée de la femme, il y aurait beaucoup à dire parce que ça voudrait dire que les autres, c'est des journées des hommes alors ? Très curieux quand même comme système. Franchement", a expliqué ce mardi Nicolas Sarkozy.
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