Maintenir l’unité
syndicale et la proximité avec l’ensemble des salariés sera un vrai enjeu dans un contexte de crise qui cristallise des revendications catégorielles » : telle est la
conclusion du baromètre du contexte social réalisé par Viavoice pour la FSU. Photo archives RT
Proches des problèmes des salariés, ouverts à la négo-ciation, unis et combatifs : voici ce que les Français attendent des syndicats selon un sondage Viavoice FSU. Des Français
que l’étude annonce comme « potentiellement fortement mobilisés » pour cette rentrée 2009.
26% des salariés se disent prêts à participer à un mode d’action collective dans les six prochains
mois. C’est ce qui ressort du sondage réalisé par Viavoice FSU au début de septembre, faisant conclure l’institut à une « mobilisation potentiellement forte pour cette rentrée
». Le « potentiellement forte » prend tout son sens lorsque l’on s’intéresse à ceux qui sont décidés à ne rien faire. Les 79% n’ayant ni manifesté ni signé quoique ce soit
durant les six derniers mois, ne sont plus 70%, un chiffre également en baisse quand on regarde spécifiquement les salariés qui ne sont plus que 63% à ne rien vouloir faire
contre 73% à ne rien avoir fait.
Plus de personnes prêtes à faire quelque chose donc, et surtout de gens qui se radicalisent. En effet, la simple pétition ou autre appel attire moins (13% disent l’avoir fait
durant les 6 derniers mois et 11% disent pouvoir le faire à l’avenir). En revanche, grèves, manifestations ou même occupations des locaux augmentent quasiment de 2 points
chacun.
Des Français toujours très attachés aux services publics
Les Français sont donc potentiellement mobilisés, mais pourquoi ? Les revendications peuvent être différentes selon les personnes, leur profession et leur âge. Ainsi, les plus
de 50 ans sont très concernés par la défense des retraites et les jeunes de moins de 25 ou les ouvriers focalisent leur attention sur la question de l’emploi et du chômage. Une
revendication reste cependant partagée par l’ensemble des Français et toutes catégories sociales confondues : celle des salaires et du pouvoir d’achat. 42% des Français la
mettent en premier point à défendre, un chiffre qui passe à 51% si on ne regarde que les salariés et atteint 56% chez les fonctionnaires.
Les sondeurs ont ensuite axé leurs questions sur les services publics. Comme vient de le montrer la votation citoyenne autour de la Poste, les Français sont dans l’ensemble
plutôt contents de leurs services publics, 67% se disant satisfaits. Un chiffre d’autant plus intéressant qu’il transcendance les clivages politiques : 68% de satisfaits à
gauche et 67% à droite. Les campagnes de dénigrement des fonctionnaires et des services publics n’ont donc pas fonctionnées. En revanche, les discours sur les nécessaires
économies de deniers publics sont, eux, « passés » chez les électeurs de droite. Ils sont en effet 57% à considérer qu’il faut limiter leur budget dans les années à venir alors
que les électeurs de gauche estiment à 69% qu’il faut augmenter les crédits.
Voici pour le discours général. Dans le détail, on s’aperçoit que les deux postes désignés comme prioritaires pour l’ensemble des Français sont la santé et l’éducation, cette
dernière prenant une ampleur particulière chez les cadres et qui la plébiscitent à 75%. La santé est, elle, particulièrement pointée par les seniors et les employés (79%). Ces
derniers s’associent ensuite aux 25-34 ans pour souligner l’importance d’investir en priorité dans le logement public.
Des attentes fortes au-delà des clivages politiques
L’enquête conclut ensuite sur la question des syndicats : leur image auprès des Français et les attentes qu’ils suscitent. Globalement, 45% des Français font confiance aux
syndicats, 50% ne leur font pas confiance et 5% ne se prononcent pas. Mais cette confiance est liée à la tendance politique et non au milieu social. 61% des électeurs de gauche
ont toujours foi dans les syndicats tandis que 69% des électeurs de droite ne leur font « plutôt pas » ou « pas du tout confiance ».
Malgré cette question de « confiance » très tranchée, les attentes restent très fortes au-delà des clivages politiques, avec des pourcentages très importants. 88% des Français
attendent ainsi que les syndicats soient « proches des problèmes de salariés ». Proches mais aussi « ouverts à la négociation », une priorité pointée par 86% des Français.
Ouverts, mais aussi « unis » pour 82% des Français, 84% des salariés et 86% des fonctionnaires. Proches, ouverts, unis et combatifs : c’est en effet la dernière priorité actée
par 79% des Français, 83% des salariés et 87% des salariés du public.
Ceci posé, 44% des Français attendent aussi des syndicats qu’ils s’opposent davantage à la politique du gouvernement, un chiffre qui montent à 51% quand on ne regarde que les
salariés et 55% pour les fonctionnaires. Des chiffres qui se nuancent singulièrement quand on regarde les tendances politiques : sans surprise 64% des électeurs de gauche
voudraient des syndicats plus vindicatifs mais avec surprise ils sont quand même 19% d’électeurs de droite à avoir le même sentiment. Même clivage quand on examine la question à
l’aune de la catégorie socio-professionnelle. Les plus défavorisés veulent bien évidemment plus d’opposition à la politique gouvernementale (55%). Mais il est remarquable de
voir que 38% des CSP + ont la même opinion.
Synthèse Angélique Schaller
Photo : Robert Terzian
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