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Article paru le 4 mars 2010 dans l'Humanité

 

« Les régions doivent être des collectivités de combat »


A
ndré Chassaigne, député, président de l’Association des élus communistes et républicains, tête de liste du Front de gauche en Auvergne.

Pourquoi présenter
 des listes du Front 
de gauche 
au premier tour des élections régionales  ?

André Chassaigne. En présentant des listes, nous voulons, au plan national, conforter le Front de gauche comme une force utile pour pousser la gauche à s’engager sur les bases d’une transformation indispensable de la société. En région, nous voulons faire la démonstration que l’on peut conduire des politiques qui ne soient pas un simple amortisseur social des choix gouvernementaux. Il faut reconnaître que c’est ce positionnement-là qui, pour l’essentiel, a été mis en place dans les régions. Quand, en 2004, la gauche a gagné 20 régions sur 22, on nous a dit  : « Vous allez voir ce que vous allez voir  ! » Au final, l’Association des régions de France a davantage été un conglomérat de potentats locaux attachés à leur pré carré qu’un pôle de résistance à la politique du pouvoir.

Aujourd’hui, quelle devrait être l’attitude 
des régions  ?

André Chassaigne. Être en rupture avec la façon d’être et de faire actuellement. Il faut systématiquement se poser une question quand nous prenons une décision  : celle-ci accompagne-t-elle les orientations libérales du pouvoir ou constitue-t-elle un acte de résistance au service des populations  ? Pour moi, les régions doivent être des collectivités de combat. Un exemple  : doit-on continuer d’accepter que des grands groupes fassent la course aux subventions auprès des collectivités, les mettent en concurrence, 
le tout sans contreparties sociales et au seul bénéfice des actionnaires  ? Je trouve cela indécent. De même, dans ma région, en Auvergne, il y a 26 milliards d’euros en dépôt dans les banques, dont 20 sous forme de crédit. En conséquence, 6 milliards ne sont pas utilisés alors que les PME, les agriculteurs ont des besoins non satisfaits. Il faut rompre avec ces pratiques. L’argent public ne doit pas servir à verser des dividendes ou à spéculer, mais être utile à l’économie et à l’emploi, au développement des services publics… C’est cette orientation que nous voulons porter en région 
et lui donner ainsi une force nationale.

Mais, alors, s’agit-il d’élections de dimension nationale ou seulement régionale  ?

André Chassaigne. Je ne saucissonne pas les choses. Notre remise en cause de la politique gouvernementale n’est pas coupée de nos orientations régionales, 
au contraire. Résister, c’est être offensif 
en région dans la mise en œuvre, dans tous les domaines, de mesures qui répondent aux besoins des populations.

Quel est l’enjeu du premier tour, selon vous  ?

André Chasssaigne. C’en est fini des positions définitivement acquises. Il n’y a pas ceux qui représentent la gauche et les autres qui portent les valises. Nos listes ne sont pas des listes de témoignages. Nous avons l’ambition, comme les autres, d’arriver en tête au premier tour et de battre la droite. Ce sont les électeurs qui feront le rapport des forces à gauche au premier tour. S’ils veulent que nos propositions avancent en région et au plan national, ils doivent oser le Front de gauche le 14 mars.

Entretien réalisé par Max Staat

Notre dossier Régionales 2010

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Tag(s) : #Elections régionales 2010
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