Humanité Quotidien
29 Septembre, 2011
Cohésion sociale, l’expression revient régulièrement dans le débat public. Mais que recouvre-t-elle ? Le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) a posé la question dans le cadre d’une enquête auprès de 2 000 personnes, pour le compte des pouvoirs publics et présentée hier devant l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis). Premier constat, la formule renvoie d’abord à la qualité des relations entre les citoyens : l’idée de cohésion sociale est associée à celle de « vivre ensemble, en bonne entente, sans conflit » (19 % des réponses), puis à la solidarité et l’entraide (18 %). Mais elle revêt aussi une dimension économique : il s’agit de mieux « partager les richesses » (14 %) et d’assurer « des conditions de vie décentes à tous ».
À l’aune de cette conception, la perception qu’ont nos concitoyens de l’état de la société n’est pas brillante : plus de huit sur dix jugent la cohésion sociale « actuellement pas forte ». Principales sources de fragilité citées : l’individualisme (dans son acception la plus courante, négative : égoïsme, repli sur soi) pour 31 % des sondés, mais aussi les discriminations, et les conditions matérielles d’existence, chômage, pauvreté… La vision dominante, souligne le Crédoc, et ce « depuis au moins vingt ans », est celle d’un pays où « les inégalités se creusent de plus en plus » (86 % des réponses). Une minorité seulement (38 %) pense que la société offre à chacun « la place qu’il mérite ».
Ce tableau sombre doit toutefois être nuancé. Si l’individualisme est incriminé, si près d’une personne sur deux déclare se sentir « parfois » ou « souvent » seule, le lien social demeure vivace : selon l’enquête, 86 % des Français rencontrent régulièrement des membres de leur famille, 78 % invitent des amis chez eux au moins une fois par mois, et 45 % participent à la vie associative.
Comment renforcer une cohésion sociale menacée ? Les Français comptent surtout (à 65 %) sur l’action des pouvoirs publics (État, mairies, services sociaux et publics, départements, régions), seuls 19 % s’en remettant aux habitants eux-mêmes, 6 % aux familles. Des pouvoirs publics dont ils attendent, par priorités, qu’ils « assurent à tous la possibilité d’accéder à un emploi » (53 %), de « bien se loger » (37 %) et « une éducation de qualité ». Car s’ils donnent une large place aux initiatives individuelles pour réaliser la cohésion, nos concitoyens misent tout autant sur le rôle des structures collectives (école et protection sociale en tête).
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