| Article paru dans La Marseillaise du vendredi 10 juin 2011 | |
Les maires du Parc naturel régional du Luberon ont réaffirmé leur opposition à l’exploitation des gaz de schiste et se sont prononcés pour une réflexion sur les choix énergétiques.
Le 9 juin, les maires des communes du Parc naturel régional du Luberon se sont rassemblés à Gargas, pour réaffirmer leur
mobilisation contre l’exploitation des gaz de schiste. Le même jour, à l'issue d'un débat assez houleux entre l'opposition accusant une majorité de « vouloir gagner du temps », le Sénat a adopté
le 9 Juin la proposition de loi visant à interdire l'exploration et l'exploitation des gisements d'hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs
de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique.
« Malgré l’ampleur nationale de l’émotion et de l’inquiétude consécutives à ces annonces, et les multiples délibérations des
collectivités pour demander l’abrogation des permis déjà accordés et l’arrêt de l’instruction des demandes en cours, on apprend que l’instruction locale des demandes de permis nous concernant est
en voie d’achèvement » notent les maires dans leur déclaration commune.
Mobilisés depuis plusieurs mois, les élus dénoncent l’instruction actuelle des permis exclusifs de recherche « en totale
contradiction avec les engagements nationaux » pris en matière de lutte contre le réchauffement climatique et en l’absence de « tout débat permettant aux citoyens de participer aux choix
énergétiques du pays ».
Réformer le code minier
Ils estiment que dans le cadre d’un code minier « complètement dépassé », l’Etat a « tous les droit » ce qui va à l’encontre de la
responsabilité des élus locaux vis à vis de leur population. Les maires dénoncent également l’opacité qui entoure la question au mépris notamment Grenelle de l’environnement, qui prévoient
explicitement l’information et la participation des citoyens aux décisions impactant leur environnement. Selon eux, l’exploitation du gaz de schiste ne tient pas compte « des risques sanitaires
et environnementaux » et les conséquences sur les résurgences dont celle de la Fontaine de Vaucluse.
Enfin dans la longue liste des reproches, ils ajoutent que l’instruction actuelle des permis exclusifs de recherche, sur le parc
naturel régional du Luberon, est faite en totale ignorance du contrat entre l’Etat et les collectivités qui se sont engagées à respecter la charte agréée par l’Etat.
Les maires ont demandé jeudi l’abrogation des permis déjà autorisés, l’abandon des procédures d’instruction de demandes en cours, et
la mise en place d’un débat national sur les choix énergétiques du pays. Ils veulent aussi que le code minier soit réformé.
M.G.
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