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La Gauche est sûre de gagner, mais quelle Gauche ?

Interview de Jean-Marc Coppola dans La Provence

Le communiste Jean-Marc Coppola part sous les couleurs du Front de Gauche.


La Provence. Au vu des sondages qui ne vous sont pas très favorables, regrettez-vous de partir seul au premier tour face notamment au président socialiste sortant Michel Vauzelle alors que vous êtes l’un de ses vice-présidents depuis 12 ans ?


Jean-Marc Coppola. Je n’ai aucun regret. Sur le terrain toutes les personnes rencontrées sont désabusées par l’absence d’une politique qui puisse redonner de l’espoir. Le NPA refuse de diriger et le PS hésite sur la politique à mener. Nous proposons une ligne politique cohérente, du niveau européen au niveau local.


La Provence. Vous avez été pendant 12 ans vice-président de la région, et vous vous présentez contre Michel Vauzelle au premier tour. Dans quel but ?


Jean-Marc Coppola. Nous avons marqué de notre empreinte le bilan de Michel Vauzelle. Mais aujourd’hui, face à la crise, il faut aller plus loin. Le Front de gauche a une utilité immédiate pour les régionales et prépare une alternative en vue de la présidentielle de 2012.


La Provence. N’existe-t-il pas un risque de faire battre la gauche en partant divisé ?


Jean-Marc Coppola. Nous voulons la faire gagner avec des propositions concrètes et audacieuses que nous puisons de notre expérience du pouvoir. La Gauche est sûre de gagner dans la région, mais quelle Gauche ? Une Gauche qui accompagne la politique actuelle de l’État ou un vrai pôle de résistance et d’alternative ? Le vote utile pour contrer la politique actuelle du gouvernement, c’est nous. En 2002, ce n’est pas la division qui avait fait perdre le socialiste Jospin, c’est 20 ans de renoncement à certaines valeurs.


La Provence. Certains de vos adversaires vous accusent de partir au combat surtout pour votre plan de carrière, notamment au sein du Parti Communiste ?


Jean-Marc Coppola. Si je me suis engagé en politique après une vie dans le mouvement syndical, c’est que j’ai eu une vision politique à long terme sur des projets. En aucun cas, des visées personnelles.


La Provence. Le PCF a 22 élus sortants à la Région. Votre attitude n’est-elle pas suicidaire pour votre Parti ?


Jean-Marc Coppola. Le risque, c’est qu’il n’y ait pas d’offre politique audacieuse. Nous pouvons certes perdre des moyens financiers mais je suis très optimiste même si je me garde d’être euphorique.


La Provence. Que ferez-vous au deuxième tour ?


Jean-Marc Coppola. Nous avons toujours dit que nous nous allierons avec les forces de Gauche.


La Provence. Que pensez-vous des listes du PS qui joue l’ouverture avec, par exemple, la championne de boxe Myriam Lamare ?


Jean-Marc Coppola. Cela manque d’ambition. Ce n’est pas ma conception de la politique. De notre côté, nous avons des gens d’ouverture qui ont du sens comme le professeur d’économie Jean-Paul Moatti ou des responsables syndicaux.


La Provence. Quelles sont vos propositions ?


Jean-Marc Coppola. Notre programme repose sur une plus juste répartition des richesses et une intervention citoyenne active. Nous proposons la gratuité dans les transports. Afin de compenser les recettes, nous créerons une contribution transport pour les entreprises comme en Ile-de-France. Nous voulons également des lycées à taille humaine, de 400 à 500 élèves. Cela créerait de l’emploi, limiterait les déplacements et la sécurité y serait plus facile à assurer. Nous voulons également un observatoire des services publics, une maison publique de l’eau, un grand plan de réindustrialisation de la Région et un syndicat mixte régional des transports comme le prévoit la loi SRU.

Propos recueillis par Florent Provansal (La Provence, le 3 février 2010)


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Tag(s) : #Elections régionales 2010
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