La coïncidence n’est pas fortuite. Les fonctionnaires se mobilisent pour défendre leur pouvoir d’achat au moment où l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) montre que la consommation des ménages, principal moteur de l’économie, a une nouvelle fois plongé de 1,8% en avril, après une baisse de 1% en mars. D’une certaine manière, l’indicateur rend légitime les revendications des fonctionnaires en grève, hier, contre le gel de leur point d’indice.
Si l’Insee pointe la fin de la prime à la casse pour expliquer la forte chute de la consommation, avec une dégringolade de 10,2% de la consommation dans le secteur automobile, les économistes vont plus loin : avec une «faiblesse des salaires en valeur et d’une inflation assez forte, tout plaide pour une consommation assez faible jusqu’à la fin de l’année», juge Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis. Dans sa note de conjoncture, l’Insee estime que les gains de pouvoir d’achat devraient rester «très faibles» sur les six premiers mois de 2011: +0,1% au premier trimestre, puis +0,3% au deuxième.
À cela s’ajoute une croissance faible en création d’emplois. D’autant que lorsque le nombre de chômeurs de catégorie A, n’ayant eu aucune activité, baisse, les demandeurs d’emploi glissent souvent dans la catégorie B, c’est-à-dire vers des emplois précaires. Des éléments qui expliquent l’explosion du surendettement des ménages qui, selon la Banque de France, a progressé de 20% entre janvier et mars. De ce fait, comme cela s’était déjà observé en mars, les postes principaux de dépense affichent une baisse notable en avril. Et les biens d’équipement du logement reculent de 1,5%, après avoir déjà baissé de 0,6% en mars. Tout comme, les dépenses en textile cuir qui ont décliné de 0,5% en avril. Les dépenses en énergie ont d’autre part décru de 3,2% en avril, «grâce à la douceur saisonnière», note l’Insee, limitant ainsi l’explosion de la facture énergétique avec la flambée des prix.
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