De notre envoyé spécial à Athènes. « Nous ne voulons pas que
notre entreprise soit bradée » : ce mot est dans toutes les bouches des salariés d’OTE, la compagnie grecque des télécommunications. Ils ont manifesté en nombre dans la capitale
le 2 juin. Dans le même temps, le calendrier des privatisations a étré rendu public. La mobilisation continue.
Les entreprises publiques grecques seront privatisées, au plus vite. C’est l’exigence de la troïka (BCE, Commission, FMI) à laquelle le gouvernement du socialiste Georges Papandreou répond. Les salariés d’OTE, les télécoms grecs, ont manifesté pour protester contre cette décision dans Athènes. Les différents orateurs à la tribune ont violemment dénoncé le mémorandum, qui implique l’austérité, les politiques « de Barroso et de Merkel ». « Nous ne voulons pas qu’OTE soit vendue, explique Ada, 39 ans. Nous risquons d’être licenciés. Quel est notre avenir, quel est celui de mes enfants ? » Maria travaille depuis 26 ans chez OTE. Elle a connu ses évolutions, sa privatisation partielle pour commencer, puis la cession, en cours de négociation, des parts encore dans les mains de l’Etat : « Je suis contre le rachat par Deutsche Telecom ». Sur fond de polémiques régulières avec l’Allemagne, l’opposition à ce rachat prend même un tour symbolique. La communication entre le peuple grec et les dirigeants européens, allemands en tête, ne passe plus. « Nous voulons qu’OTE reste grec », explique Georges. Dinos lui répond aussitôt : « il ne faut pas qu’OTE soit vendue, c’est tout ! Les privatisations ne sont pas efficaces, elles mènent à une hausse des prix des communications ». Pour lui, le vrai problème est ailleurs : « les gouvernements nous ont menti pendant des années, volé. Et maintenant, c’est nous qui payons ! ».
Dans la foule, l’annonce est véhiculée : nouvelle grève des entreprises pubiques le 9 juin. « J’y serai » nous dit Hari, 27 ans, de la Banque Hellénique. Il était déjà là pour soutenir ses collègues… et se défendre aussi. « Je suis sûr que c’est aussi ce qui va nous arriver » souligne-t-il. Car tout, ici, doit être privatisé…
NDLR : ce matin a été publié le calendrier complet des privatisations.
En 2011 :
- Ote, Télécoms (16% - jusqu'à 16% - au 2e trimestre 2011)
- Banque Postale (34% - jusqu'à 34% - entre 2e et 4e trim 2011)
- Port du Pirée (75% - jusqu'à 75% - entre 2e et 4e trim 2011)
- Port de Salonique (75% - jusqu'à 75% - entre 2e et 4e trim 2011)
- Société d'eau de Salonique (74% - jusqu'à 40% - entre 2e et 4e trim 2011)
- EAS, systèmes de défense (100% - jusqu'à 66% - 4e trim 2011)
- Loterie nationale (100% - 49 à 66% - 4e trim 2011)
- DEPA, Gaz (65% - jusqu'à 32% - 4e trim 2011)
- Trainose, chemins de fer (100% - 49 à 100% - 4e trim 2011)
- Larco, Mines (55% - jusqu'à 55% - 4e trim 2011)
- Odie, pari mutuel, hippisme(100% - 100% - 4e trim 2011)
- Casino Mont Parnes (49% - 49% - 4e trim 2011)
- Licences téléphone mobile (100% - 4e trim 2011)
- Hellinikon, ancien aéroport(100% - 4e trim 2011)
En 2012 :
- Aéroport Int Athènes (55% - jusqu'à 21% - 1e trim 2012)
- Autoroute Egnatia Odos (100% - jusqu'à 100% - 1e trim 2012)
- Poste Héllènique (90% - jusqu'à 40% - 1e trim 2012)
- Opap Paris sportifs (34% - jusqu'à 34% - 1e trim 2012)
- Ports régionaux (77-100% - 43 à 66% - 2012)
- Société d'eau Athènes (61% - jusqu'à 27% - 3e trim 2012)
- EVO, défense (51% - jusqu'à 16% - 2e trim 2012)
- Caisse des dépots&consignes(100% - 2012)
- DEI Electricité de Grèce (51% - jusqu'à 17% - 4e trim 2012)
- Sie autoroute Hellene 1 (100% - 2012)
- Aéroports régionaux 1 (100% - jusqu'à 49% - 2012)
- Hellinikon, IIe tranche ( 2012)
En 2013 :
- Participations bancaires (jusqu'à 100% - 2013)
- Banque agricole ATE (76% - jusqu'à 25% - 2013)
- Aéroports régionaux 2 (100% - jusqu'à 49% - 2013)
- Ports - 2 (77-100% - 43 à 66% - 2013)
- Sie autoroute Hellene 2 (100% - 2013)
- A lire: La Banque centrale européenne tape sur la Grèce [2]
- A lire aussi: Faut-il annuler la dette de la Grèce [3], notre débat.
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