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Article paru le 7 mars 2010 dans l'Humanité

 

L’UE dit aux Grecs d’aller se faire voir chez eux

Hier à Berlin, le premier ministre grec Georges Papandréou s’est vu refuser toute aide en dépit d’une économie exsangue. De nouvelles manifestations se déroulent à Athènes.

« Le gouvernement allemand ne donnera pas un centime. » Le ministre de l’Économie, Rainer Brüderle, a finalement condensé l’esprit de « solidarité », selon la formule consacrée, qui règne dans la zone euro, avant l’arrivée à Berlin du premier ministre grec, Georges Papandréou. Il devait rencontrer hier soir la chancelière, Angela Merkel. Très en verve, le chef des deniers la première puissance économique des Vingt-Sept a commenté que « chaque État de l’Union européenne est responsable de ses propres affaires. Le gouvernement grec doit mettre en œuvre son plan d’austérité ». Autrement dit, dans le cadre de la mise sous tutelle d’Athènes, Bruxelles se borne à jouer les gendarmes de la bonne exécution des mesures antisociales.


Un pays au bord de l’implosion économique


Outre-Rhin, la venue du socialiste Papandréou a donné lieu à un déchaînement nauséabond de poncifs racistes et stupides à l’heure où la Grèce est au bord de l’implosion économique (dette et déficit publics à 113,4 % et 12,7 % du PIB). « L’Allemagne a aussi de grosses dettes mais nous les remboursons, parce que nous nous levons tôt le matin et travaillons toute la journée », a craché le tabloïd Bild, tandis que deux députés de la coalition au pouvoir invitent Athènes à vendre « des îles inhabitées » pour payer ses dettes. « Injuste », a rétorqué Papandréou qui, dit-il, cherche avant tout la caution des États européens pour concrétiser de nouveaux emprunts. Ambiance donc qu’Angela Merkel a cherché à apaiser avant leur rencontre en ne tarissant pas d’éloges sur la troisième série de mesures d’austérité adoptée, hier, par le Parlement grec et qui prévoit, entre autres, le gel des retraites, une baisse des salaires, et une hausse de la TVA. « Le programme d’économies n’a pas manqué son but », s’est-elle félicitée, voyant dans ce nouveau tour de vis social « un bon signal pour les marchés » qui continuent de dicter à la Grèce la marche à suivre. Papandréou sera reçu demain par Nicolas Sarkozy, mais il devrait repartir aussi les mains vides de Paris. Faute d’appui européen, le Premier ministre grec pourrait se tourner vers le Fonds monétaire international (FMI), a-t-il déclaré il y a plusieurs jours, à l’occasion d’une visite aux États-Unis, alimentant ainsi l’escalade du surendettement.

Les Grecs sont de nouveau descendus hier dans la rue. Refusant de perdre plus qu’un centime, les salariés du public et du privé seront en grève le 11 mars.

Cathy Ceïbe

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Tag(s) : #Europe
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