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Société - Article paru le 19 février 2010 dans l'Humanité

L’inventivité des professeurs en lutte


Au collège Jean-Vigo d’Épinay, les profs se mobilisent et font preuve de créativité.


Un professeur mis en vente sur un célèbre site d’enchères. Insolite. Initiative qui prêterait même à sourire, si elle ne relevait pas d’un profond malaise. Au collège Jean-Vigo d’Épinay-sur-Seine, le couperet est tombé. Deux à six postes seront supprimés d’ici la rentrée prochaine. Désireux de rester anonyme, ce professeur a voulu par cette action médiatique dénoncer la réforme de la carte scolaire qui frappe son établissement. « Je ne souhaite pas me mettre en avant, car c’est avant tout une action collective », lâche-t-il. Et ce avec l’entier soutien de ses collègues. En effet, ces derniers sont mobilisés depuis la fin du mois de janvier.

« Nous nous sommes mis en mouvement dans la foulée des professeurs du lycée Henry-Wallon à Aubervilliers. » Depuis, la lutte semble ne pas s’épuiser. Mardi dernier, 98 % d’entre eux étaient en grève. Eux aussi ont fait preuve d’imagination. « Lundi et mardi dernier, nous avons occupé le collège. Devant l’école, nous avons monté une installation avec des toiles de tente et six valises, soit le nombre de postes supprimés. Une façon de dire que, comme l’inspection, nous camperons sur nos positions », explique une enseignante en physique-chimie. Du côté de l’inspection académique de Seine-Saint-Denis, on explique cette suppression pour « des raisons démographiques ». Selon l’inspecteur Daniel Auverlot, « le collège a connu une baisse d’effectif importante qui nécessite une redéfinition des moyens ». Il se veut toutefois confiant. « Théoriquement, nous devrions aller vers une diminution de cinq à six postes. Seulement, nous travaillons actuellement pour préserver le plus de postes possible. » Un discours qui ne rassure pas entièrement. « Le problème est plus profond, cette année, nous avons déjà perdu 37 heures de cours, les postes supprimés ne sont jamais recréés et confiés à des précaires. À croire que le seul souci de l’inspection, c’est qu’il y ait quelqu’un en face des élèves, au mépris de la pédagogie et de notre métier », raconte l’enseignante.

Lionel Decottignies

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Tag(s) : #Education
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