
Le verdict est sans appel en cette fin d’année. Selon un sondage BVA publié hier par le quotidien économique les Échos, 68 % des Français jugent «mauvaise» la politique économique du gouvernement. Une opinion confirmée par les statistiques sur la croissance révisées hier à la baisse par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). La croissance de l’économie française, aux deuxième et troisième trimestres, s’établit après révision à + 0,6% et + 0,3%, alors que, dans sa précédente estimation mi-novembre, l’Insee avait annoncé une croissance de 0,7% au deuxième trimestre et de 0,4% au troisième. Un démenti cinglant pour le gouvernement qui, au moment de la publication de la note de conjoncture, mi-décembre, s’était empressé de communiquer sur de bons résultats. François Fillon avait déclaré que la croissance de l’économie française serait en 2010 «nettement supérieure» aux prévisions initiales. De ce fait, le «bon gros» 1,6%, sur lequel Christine Lagarde, la ministre de l’Économie, avait misé pour l’ensemble de 2010, sera quasi impossible à tenir. Il faudrait en effet désormais que le produit intérieur brut (PIB) de la France progresse de 0,7% au dernier trimestre pour atteindre la prévision de croissance de 1,6% sur l’ensemble de l’année. Or l’Insee n’anticipe qu’une progression de 0,5% au dernier trimestre 2010.
La révision à la baisse est une mauvaise nouvelle pour les mois à venir. Si la croissance enregistrée au cours des deuxième et troisième trimestres est plutôt correcte, elle est le fruit de deux facteurs. Premièrement, les aides, telle l’emblématique prime à la casse, ont dopé les ventes d’automobiles et avec elles la consommation des ménages. Avec son arrêt, il faut s’attendre dans les prochains mois à un ralentissement de la consommation, prévient Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis. Deuxièmement, l’activité des entreprises est essentiellement due «au ralentissement du déstockage, voire au restockage de certaines entreprises», relève Éric Heyer, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) : elles commencent en effet lentement à reconstituer les stocks écoulés lors de la récession. Tout cela n’augure pas forcément une reprise durable.
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