A Saint Aygulf, un camping sous les eaux Photo Gabrielle LANTES
Intempéries. Alerte météo exceptionnelle jusqu’à ce matin : hier, on comptait plus de
600 interventions des secours et trois décès. Le Centre Var la Dracénie ont été très touchés.
Un phénomène météorologique exceptionnel s’est produit sur notre département entre lundi
soir et ce matin. Un épisode qui a tourné au tragique puisque la préfecture déplorait hier soir le décès d’une personne au Luc et de deux autres à Draguignan.
Après un passage sur l’aire toulonnaise et des dégâts sur la région hyéroise, le front orageux s’est déplacé tout au long de la journée, terminant sa course sur la
Dracénie, provocant d’importantes coulées de boues et des inondations au centre de Draguignan, mais aussi Vidauban, Les Arcs, Trans, Flayosc, Lorgues Bargemon ou encore
Figanières.
Deux mètres d’eau à Figanières
Dans cette dernière cité, une vague de boue de deux mètres de haut y aurait été constaté. Au Centre de Vacances du domaine Thoronet, les enfants se retrouvant bloqués au
1er étage avec leur éducatrice. De nombreux renforts ont été sollicités par la préfecture.
Sur Draguignan, notre journaliste sur place décrivait hier soir une situation apocalyptique. Pendant une heure, vers 18h00, des torrents du boue ont déferlé dans tout le
centre-ville… au moment où les gens quittent leur travail.
Devant la montée des eaux, des automobilistes ont dû abandonner leur voiture et se réfugier dans les cages d’escalier d'immeubles voisins. Des véhicules, voitures comme
camions, sans conducteur, flottaient dans la rue, tandis que d’autres s’enchevêtraient les uns dans les autres, le tout mélangé avec des branches
d’arbres.
Habitants désemparés
Après la déferlante, de nombreux quartiers se sont retrouvés sous 1,5 mètre d’eau, comme sur l’avenue du Pont de Lorgues. Cliniques, hôpital, prison, zones commerciales
se retrouvant inondés, tandis que les hélicoptères des services de secours font des va-et-vient.
Dans les rues, tandis que l’armée fait la circulation et que les colonnes de renforts des sapeurs-pompiers arrivent, de nombreuses personnes sont désemparées, dans
l’incapacité de rejoindre le quartier où ils vivent ou sans nouvelles de leurs proches. Toute la zone est sans électricité, le transformateur de Trans se retrouvant sous
1 mètre d’eau.
Au plus fort des intempéries, 130 000 « clients » d’EDF n’avaient plus de courant, ils n’étaient plus que 74 930 en début de soirée.
« Le nord et le centre de Draguignan sont sous les eaux. Ce sont des mètres d’eau. Cela va de l’hôpital au centre de détention », explique le sous-préfet de Draguignan,
Corinne Orzechowski.
Hier soir, seuls les bateaux et les hélicoptères étaient en mesure d’intervenir et l’école d'artillerie avait été ouverte pour accueillir les naufragés. Sept
hélicoptères ont été dépêchés sur place, dont ceux de l’armée.
Le préfet du Var Hugues Parant a appelé les Varois « à éviter de sortir ce soir (hier) » et les non-Varois « à éviter d’y venir ».
« On n'avait jamais vu ça depuis dix ans. 180 millimètres d’eau sont tombés en 12 heures sur Hyères et on prévoit une quantité équivalente dans les heures qui viennent
», a-t-il déclaré sur France Bleu Provence.
Cellule de crise à 10h30
Ca a commencé par un bulletin d’alerte émis par Météo France dans l’après-midi du 14, classant le Var, et dix autres départements du Sud-Est, en zone de vigilance
orange. Le centre météorologique interrégional d’Aix-en-Provence évoque un « épisode pluvieux-orageux actif nécessitant un suivi particulier compte tenu de sa
persistance et des cumuls associés. Un tel événement est exceptionnel à cette période de l’année. »
Le cumul de pluie attendu était de l’ordre de 120 à 150 mm pour toute la durée de l’épisode orageux. Pour comparaison, la valeur record enregistrée par Météo France pour
un mois de juin était de 63 mm de pluie dans la journée du 14 juin 1972 à Toulon. Deux à 3 fois ces précipitations extraordinaires étaient donc attendues. De quoi mettre
en alerte les autorités…
Malgré la vigilance mise en place et l’ouverture hier à 10h30 d’une cellule de crise en préfecture, certains « débordements » n’ont pas pu être empêchés. A 15h00 hier,
300 interventions des services de secours avaient déjà été enregistrées sur le secteur La Seyne-sur-Mer–Toulon–Hyères. Et cent de plus une heure plus tard. Pour arriver
à plus de 600 en toute fin d’après-midi dont une centaine pour la seule ville de Draguignan.
Fermeture de l’aéroport de Toulon-Hyères et trafic SNCF interrompu
L’aéroport de Hyères a dû être fermé en raison de
l’inondation des pistes et de l’aérogare de la zone d’arrivée des vols. La rocade Font de Fillol à Sanary a également été inondée, ainsi que l’axe entre La Beaucaire et
La Cordeille. La Rivière des Amoureux à Toulon a débordé. A Toulon toujours, une crèche inondée à dû être évacuée dans la matinée d’hier, idem sur Hyères (le CFA de
Giens et le lycée agricole ont été évacué).
A La Valette, la circulation sur l’avenue de l’Université a dû être déviée. Les voies entre La Moutonne – Hyères et Le Pradet – Hyères – Carqueiranne ont été coupées.
Hyères est en effet la commune où le cumul des précipitations enregistrées atteint des sommets : 163 mm de pluie ont été enregistrés en 6 heures par Météo France. A La
Seyne, les services de sécurité signalaient en mi-journée que l’eau effleurait le quai du port.
Les fortes pluies se sont ensuite déplacées sur le Cannet (évacuation d’une halte-garderie), le Muy (la mairie a été évacuée après l’effondrement de la toiture d’un
bâtiment attenant), et surtout Draguignan et sa région. De nombreux axes de circulation ont été coupés. Il était ainsi impossible de circuler à Vidauban.
Conséquence de ces pluies torrentielles, la circulation ferroviaire a été totalement interrompue entre Nice et Toulon. Et 300 voyageurs, dont le TGV reliant Nice à Lille
a été pris par les eaux, ont été bloqués en gare de Luc. Cette nuit, on attendait un nouveau passage pluvieux.
Le bulletin d’alerte de Météo France était maintenu jusqu’à ce matin 6h00.
G. DE SAINT VULFRAN,
DENIS PERRIN ET KARINE PIERROT
Ci-dessous, quelques images prises de part et d'autres des étangs de Villepey (Photo
Gabrielle LANTES)
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