« Ce que je crains plus que tout est le pourrissement de la situation »... Le maire du Val, Michèle Roattino, a bien résumé l'inquiétude générale, qui se fait jour à l'approche de l'été, parmi les défenseurs de l'hôpital de Brignoles.
Lors de deux réunions, lundi soir et hier matin, de nombreux élus locaux du centre Var (1) se sont rassemblés dans l'établissement, et ont rencontré des représentants du corps médical. Notamment Marie-Pierre Preckel, la présidente de la Commission médicale, ainsi que les Drs Abitbol et Lecuyer.
« Nos arguments sont bons »
L'objet principal était de préparer au mieux la réunion tant attendue, hier soir à Marseille (2), avec le directeur de l'ARS (Agence régionale de santé), Dominique Deroubaix.
« Nous sommes en mesure de défendre notre établissement. Nos arguments sont bons, et ils feront mouche, à condition que les décisions n'aient pas déjà été prises », observait ainsi un Claude Gilardo rendu méfiant.
La faute notamment « au projet de convention hospitalière de territoire, que l'on m'a longtemps caché, et que j'ai refusé de signer. Celle-ci prévoyait la possibilité de transférer les services et les emplois. Et même des biens à titre gratuit », s'emportait le maire de Brignoles et président du conseil de surveillance de l'hôpital.
Une qualité médicale certifiée
« Ils nous disent que l'hôpital ne va pas fermer, ce qui est vrai », notait Michèle Roattino. « Mais ils jouent sur les mots. Le danger n'est pas qu'il ferme, mais qu'il soit vidé de ses services. » Les arguments pour faire mouche ? Ils sont légion.
« Acte après acte, nous luttons depuis des années contre une mauvaise réputation qui nous colle à la peau. Aujourd'hui, celle-ci est devenue fausse », observe le Dr Lecuyer. Tous les indicateurs médicaux sont bons, voire excellents. « Nous avons obtenu deux certifications de la haute autorité de santé, sans réserve, ce qui est rare. Nous sommes classés parmi les meilleurs établissements en matière de lutte contre les maladies nosocomiales », ajoutait Marie-Pierre Preckel.
L'établissement fait d'ailleurs preuve d'un dynamisme peu commun, « enregistrant une hausse moyenne d'activité de 5 % par an depuis une dizaine d'années ».
La forte hausse attendue de la démographie était également avancée. « Nous serons 200 000 en 2030 contre 120 000 aujourd'hui. Peut-on imaginer un tel territoire sans un établissement de soins ? », s'interrogent ainsi les élus.
Les lacunes en matière de garde médicale, le week-end en centre Var, ont aussi été soulevées. « L'hôpital de Brignoles assure quasiment à lui seul la continuité des soins », a-t-il été constaté.
« On dit que l'on enlèverait " que " la chirurgie conventionnelle. Mais il faut se rendre compte qu'il s'agit là du socle hospitalier. Cela signifie, à court ou moyen terme, la fermeture des urgences et de la maternité », observait le Dr Abitbol. Plusieurs précédents en la matière le prouveraient.
« On nous dit que ces décisions seraient prises dans un souci d'économies, mais les services de chirurgie sont tout à fait rentables », ajoutait le Dr Lecuyer.
Parler d'une seule voix
Au sujet du déficit de 10 millions d'euros « cumulés et non annuels, comme on l'a fait dire par erreur - ou pour nous nuire - au président de la République », notait Claude Gilardo, le Dr Lecuyer faisait valoir « qu'il est dû au coefficient de pondération négatif que les autorités ont attribué à l'hôpital. Et elles viennent aujourd'hui nous le reprocher. Ceci dit, un déficit moyen de 5 % par an comme le nôtre peut être qualifié de raisonnable, tout à fait comparable aux autres établissements de notre taille. Il n'y a là rien d'insurmontable ».
C'est donc une délégation maîtrisant sur le bout des doigts le dossier de l'hôpital de Brignoles qui est allée, la fleur au fusil, défendre, hier soir, l'établissement. En s'asseyant à la table de l'ARS à Marseille hier soir, les élus de tous bords parlaient d'une seule voix. Celle de toute la population du centre Var.
pzamari@varmatin.com
1. En présence notamment de Jean-Pierre Véran, maire de Cotignac et président des maires du Var, et de Josette Pons, députée, lundi soir, et de des représentants de Tourves, Carcès, Carnoules, Le Val, Correns, La Celle, Rougiers, Flassans, Cabasse, Rians, Varages hier matin. Claude Gilardo a assisté aux deux réunions.
2. Nos impératifs horaires de bouclage ne nous permettent pas d'en faire un compte rendu. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.
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