Réduire le déficit américain de 4.000 milliards de dollars (2770 milliards d'euros) d'économie sur les douze prochaines années. C'est ce qu'a promis Barack Obama à ses concitoyens dans la nuit de mercredi à jeudi.
Pour y parvenir, le président des Etats-Unis annonce qu'il va utiliser "un scalpel plutôt qu'une machette" pour effectuer ses coupes dans tous les budgets [1]. Le Pentagone a déjà annoncé que le budget de l'armée serait touché. Seule limites à ces économies, Obama a affirmé vouloir protéger "la classe moyenne, nos engagements vis-à-vis des personnes âgées et nos investissements dans l'avenir".
- Coupes claires sur fond de bataille électorale
Les plus pauvres devraient payer un lourd tribut à cette politique d'austérité. Les programmes sociaux seront cependant fortement touchés, notamment les programmes d'assurance-maladie qui avaient pourtant été l'une des mesures phares de son programme lors des élections de 2008. Mais Barack Obama s'est déclaré prêt à ferailler avec les républicains pour faire payer davantage d'impôts aux plus aisés. Neuf jours après sa déclaration de candidature à un second mandat, il entend ainsi marqué sa différence vis-à-vis de ses adversaires majoritaires à la Chambre des représentants qui, le 5 avril dernier, ont présenté une proposition de budget pour l'exercice 2012. dans ce texte sont prévues des coupes drastiques, des réductions d'impôts pour les entreprises et les Américains les plus riches et la privatisation de programmes d'assurance-maladie. (retour sur le revers électoral d'Obama des mid-terms, à lire ici) [2]
Estimant que ce plan dépeignait une vision de notre avenir qui est profondément pessimiste", Barack Obama a affirmé qu'il ne prolongerait pas des cadeaux fiscaux hérités de son prédécesseur républicain George W. Bush, contrairement à ce qu'il avait fait en décembre. "Nous ne pouvons pas nous permettre des réductions d'impôt de 1.000 milliards de dollars pour chaque millionnaire et milliardaire dans notre pays."
- L'héritage de Bush pointé par Obama
Le discours de M. Obama est intervenu alors qu'un accord budgétaire avec les républicains au titre du solde de l'exercice 2011, adopté vendredi juste avant la concrétisation d'une fermeture de l'administration, n'a pas encore été formellement entériné au Congrès. Le déficit budgétaire devrait atteindre environ 1.600 milliards de dollars cette année. La dette, nourrie en partie par le plan de relance de l'économie en 2009 mais aussi les guerres en Afghanistan et en Irak, s'établit déjà à plus de 14.000 milliards et va dépasser les 100% du PIB pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon des responsables américains, le plan du président ferait redescendre le déficit budgétaire à 2,5% du PIB en 2015 et environ 2% d'ici à la fin de la décennie.
M. Obama s'en est pris sans le nommer à M. Bush, président de 2001 à 2009, en notant que dans les années 2000, "nous avons augmenté les dépenses de façon spectaculaire pour (financer) deux guerres et un programme de remboursement de médicaments, mais nous n'avons pas payé ces nouvelles dépenses. Au lieu de cela, nous avons fait empirer le problème avec des réductions d'impôts".
Sans surprise, les républicains ont réagi avec hostilité au discours. Leur chef à la Chambre, John Boehner, a rejeté "tout plan qui commence par des hausses d'impôt destructrices d'emploi".
- 16 mai, échéance majeure
Démocrates et républicains doivent se mettre d'accord sur le relèvement du plafond de la dette d'ici au 16 mai, faute de quoi les Etats-Unis ne seront pas en mesure de payer leurs intérêts. Mais les républicains réclament de nouvelles coupes budgétaires en échange de ce vote.
A lire: Comment Washington a changé Obama. [4]Entretien avec Michael Zweig, universitaire américain spécialiste de la classe ouvrière aux Etats-Unis
A lire aussi: Les Etats-Unis condamnés au chômage de masse [5]
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