Humanité Quotidien
18 Octobre, 2011
États-Unis, correspondance. Les signaux d’alarme se succèdent aux États-Unis. La dernière fournée des données sur les revenus publiée cette semaine par le bureau des statistiques dresse un tableau dramatique : ces deux dernières années, de juin 2009 (la fin officielle de la récession) à juin dernier, le revenu réel (corrigé de l’inflation) des ménages américains moyens a baissé de… 6,7 % (pour s’établir juste en dessous de 50 000 dollars par an, environ 35 000 euros). La dégringolade vient s’ajouter aux 3,2 % de recul des dix-huit mois précédents. Ainsi au total, sur trois ans et demi, depuis le krach financier de 2008, les ménages ordinaires ont perdu, en termes réels, 10 % de leurs revenus.
« Une baisse du niveau de vie jamais vue depuis des décennies aux États-Unis », relèvent, effarés, plusieurs spécialistes. Or ce très mauvais indicateur vient s’ajouter à d’autres. L’emploi est toujours en berne avec un taux de chômage officiel qui reste collé à plus de 9,1 % (alors que tous les observateurs sérieux s’accordent sur un chiffre réel du chômage qui serait proche du double et qui concernerait donc quelque 25 millions de personnes). L’immobilier ne repart pas, tout au contraire, et on compte encore quelque 3,5 millions de dossiers de saisie en cours. Et il faut ajouter encore à ce contexte très sombre le fait que l’appareil politique apparaisse totalement bloqué. Les élus républicains viennent, la semaine dernière encore, de recaler au Sénat le plan emploi de Barack Obama au nom du refus d’une hausse de 5,6 % de la taxation des revenus au-dessus du million de dollars pour le financer. Bref, le marasme s’impose sur tous les fronts, alimentant cet immense malaise social qui taraude aujourd’hui le pays.
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