Second tour régionales 2010 : Les réactions
La secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a demandé au gouvernement le "retrait d’une série de réformes" et notamment celle, annoncée, des retraites, jugeant que le résultat des élections régionales était "une sanction" pour l’exécutif.
Le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon a estimé dimanche dans un communiqué que "les électeurs viennent d’effacer politiquement la victoire présidentielle de Sarkozy en 2007".
La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a estimé que "les Français ont exprimé leur rejet de la politique du président de la République et du gouvernement", lors d’une allocution au siège du PS.
Harlem Désir, numéro deux du PS, a évoqué "un score historique de la gauche, le plus important depuis le début de la Ve République", "qui ne nous donne que des devoirs, devoirs d’unité, de combativité et de créativité". "L’unité de la gauche, c’est ce qui a permis ce succès, l’unité contre la droite et contre les mauvais coups qu’elle prépare et créativité pour préparer l’avenir et un projet nouveau pour le pays", a souligné M. Désir. "La gauche rassemblée au second tour progresse par rapport au total des listes de gauche du premier tour", a-t-il relevé.
"Cela veut dire qu’il y a eu une amplification des reports qui se sont faits et une mobilisation y compris d’un électorat abstentionniste qui a été conforté par cette union, la dynamique qui s’est créée".
Le député PS Arnaud Montebourg a déclaré que "la gauche n’a aucune raison de tirer gloire de ce scrutin, car la moitié des électeurs qui ne viennent pas aux urnes se posent la question de savoir à quoi sert la politique".
Le Premier ministre François Fillon a assumé dimanche soir sa "part de responsabilité" dans la défaite de la droite aux élections régionales mais déclaré que le cap fixé par les élections nationales serait maintenu.
"Le résultat de ce soir confirme le succès des listes de gauche. Nous n’avons pas su convaincre", a-t-il déclaré dans une allocution radio-télédiffusée. "Cela constitue une déception. J’assume ma part de responsabilité et, dès demain matin, je l’évoquerai avec le président de la République."
"On ne gouverne pas un grand pays comme la France au rythme des élections locales mais en gardant le cap fixé par les élections nationales", a-t-il cependant poursuivi.
Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a affirmé qu’il ne fallait "surtout pas changer de cap" après la défaite de la majorité aux élections régionales, estimant que ce serait "la pire des réponses".
"Il faut reconnaître quand on a perdu, c’est une victoire de la gauche ce soir aux élections régionales", a admis M. Chatel, arguant que "les deux-tiers des Français qui se sont déplacés aujourd’hui ont voté pour des considérations régionales".
La secrétaire d’Etat à l’Ecologie et tête de liste UMP à Paris, Chantal Jouanno, a reconnu que "ce n’était pas une victoire pour la droite", tout en estimant que l’abstention enregistrée au second des élections régionales n’était "un succès pour personne et doit interroger les politiques de tous bords", a-t-elle ajouté.
Le ministre de la Défense, Hervé Morin a souhaité que le Nouveau Centre, qu’il préside, soit mieux entendu au sein de la majorité gouvernementale "en permettant à cette famille de pensée de mieux s’exprimer dans la majorité".
L’ex-premier secrétaire du PS, François Hollande, a estimé dimanche sur France 2 que "la victoire était nette" aux régionales et que c’était "un vote de défiance à l’égard du chef de l’Etat".
Il a appelé la gauche et les écologiste à "travailler ensemble". "Il faut qu’il y ait une gauche et des écologistes rassemblés, on ne peut pas en rester sur le seul schéma d’un Parti socialiste qui pense être avec des partenaires qu’il vassalise", a-t-il ajouté.
Il faut "réfléchir à comment on se prépare à une candidature à l’élection présidentielle et quelles propositions nous faisons ensemble devant le pays" a-t-il encore dit.
Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a estimé qu’il s’agissait d’une "réelle défaite" pour la majorité, qui devait "revenir aux fondamentaux".
"Les Français nous ont clairement adressé un certain nombre de messages au cours de cette campagne difficile, parce qu’en plein milieu d’une crise économique très sévère. Il en est un qu’il faut retenir cinq sur cinq : il faut revenir à nos fondamentaux, c’est-à-dire ce qui a permis l’élection de Nicolas Sarkozy comme président de la République et de la majorité en 2007", selon lui.
Il a aussi jugé nécessaire "la construction d’un nouveau pacte majoritaire avec les Français (…) avec des piliers clairs : faire des réformes vitales pour le pays, les retraites, la baisse des déficits ; l’emploi, la justice sociale, la compétitivité puisqu’on est à 10% de chômage ; le retour aux valeurs de la République, par exemple faire voter la loi d’interdiction de la burqa".
Georges Frêche, ex-PS et qui a remporté les élections régionales en Languedoc-Roussillon, a estimé que le résultat de dimanche ne constituait "pas une victoire des partis" mais "une victoire des présidents de région".
La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a affirmé dimanche soir sur TF1 qu’il fallait "impérativement poursuivre les réformes" malgré la défaite.
Ségolène Royal a salué dimanche la victoire de la gauche aux élections régionales qui constitue une "sévère mise en demeure" à Nicolas Sarkozy. Elle a demandé à la droite de renoncer "aux régressions que la France subit dans tous les domaines : salaires, pouvoir d’achat, retraite, santé, agriculture, logement services public". "Tout recule, tout se précarise et nous ne l’acceptons pas", a martelé Ségolène Royal, qui conserve la présidence de Poitou-Charentes avec un peu plus de 61% des voix, selon les instituts de sondage.
Le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, Eric Besson, a reconnu dimanche avoir une part de responsabilité dans la défaite de la majorité présidentielle aux élections régionales.
"J’assume ma part de responsabilité, je suis ministre. J’ai mené un certain nombre de débats et certains pensent que ces débats ont contribué à l’affaiblissement de la majorité, ce n’est pas ce que je ressens, mais je l’entends", a déclaré Besson sur RTL.
La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a affirmé qu’elle souhaitait "continuer le dialogue avec la gauche" dans la perspective des prochaines élections présidentielle et législatives de 2012.
Le député PS Jean-Christophe Cambadélis a déclaré dimanche à l’AFP que les Français, "mécontents", "veulent du chambardement au sommet" et que "Sarkozy doit tout changer, de style, de ligne".
"Ce résultat, au-delà du succès de la gauche, est marqué par l’envie que cela change", a ajouté M. Cambadélis, commentant les résultats du second tour des élections régionales.
Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD) allié à l’UMP, interrogée par l’AFP, a demandé dimanche soir à Nicolas Sarkozy de prendre "des orientations nouvelles", estimant que "la gauche a incontestablement gagné ces élections régionales".
Pour la vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, "Ce scrutin régional marque évidemment le paysage pour la prochaine présidentielle". La candidate du FN, qui obtiendrait 21,9% des suffrages dans la région Nord-Pas-de-Calais, a toutefois refusé de se prononcer sur son éventuelle candidature pour la présidentielle de 2012.
La secrétaire d’Etat aux Sports, Rama Yade, a assuré que le "message" des Français adressé à la majorité "sera entendu".
Le député (UMP) de l’Hérault Jean-Pierre Grand, proche de Dominique de Villepin, a déclaré que le "message du peuple français" au soir du second tour des élections régionales était "clair" et qu’il s’adressait au "président de la République et à lui seul".
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