Les nouvelles lignes nocturnes du week-end préviennent du taxi, du stop ou de la marche à
pied
Social. Le Conseil général avec son ticket à deux
euros, le réseau Mistral avec son service de nuit le week-end, deux mesures qui cachent pourtant bien mal une autre réalité.
« Varlib’ » pour le premier, « les Nocturnes » pour le second, il semblerait qu’en cet automne, les
cerveaux phosphorent du côté des conseillers en com du Conseil général et de l’agglo toulonnaise. D’accord, il y a du mieux. 86 lignes contre 67 auparavant. Et surtout une
tarification unique à deux euros. A tire d’exemple, le trajet Toulon-Le Luc coûtait quand même la bagatelle de huit euros cinquante. Dix euros cinquante pour Brignoles. Pas de
permis, trop jeune ou trop vieux pour conduire sa Traby immatriculée 83, laquelle passe d’ailleurs difficilement au contrôle (technique), mais bon à coup sûr pour le racket. Le
tarif, c’est du tout bon mais pour le reste, le petit monde entassé dans les cars Blanc ou Transvar estampillés aux couleurs du Conseil général reste pantois, voire dubitatif,
les chauffeurs aussi. Car la grande offensive Varlib’ a accouché d’abord d’une sacrée pagaille. Tout a changé, les arrêts, les horaires, même les conducteurs chevronnés ne s’y
retrouvent plus. Et gare à la fiche qu’on vous remet, elle peut bien ne plus être valable le jour d’après ! « Ils ont tout changé et même nous, on n’y comprend plus rien ! » En
panne d’essuie-glaces un matin de pluie et accusant trois-quarts d’heure de retard, la dame au volant essuie en revanche les remarques désabusées des passagers trempés jusqu’à
l’os. Parce que dans le Var, on allait l’oublier, le mot abribus est inconnu au glossaire, à part un truculent arrêt Serge Gainsbourg quartier Sainte-Chrisine à Solliès. « Le
problème, c’est qu’ils ont changé toutes les lignes et qu’on a du mal à nous faire payer nos heures sup’. Et en ce moment, on en fait, des heures… » Varlib’ , c’est aussi ça. De
son côté, le réseau Mistral a lancé depuis le 6 novembre des lignes nocturnes les vendredi et samedi soirs de 21h à 0h30, par bus et par bateau, desservant l’ensemble de
l’agglomération, de La Seyne jusqu’à Hyères et ce sans majoration tarifaire. Là aussi, gare aux surprises : les itinéraires sont nouveaux. Du progrès dans l’air qui n’empêche
pas le constat suivant : dans le Var, le plus beau département de France cher à M. Falco, la terre d’asile de millions de touristes l’été, les transports en commun ont tout à
envier à leurs homologues du Lot.
JEAN-FRANÇOIS SICURANI
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