« Il est urgent d’inventer un service public du logement »
Humanité Quotidien
2 Mars, 2012
habitat
C’est la première des propositions élaborées par les Rencontres nationales du logement et de l’habitat, qui a réuni citoyens, élus et associations à
Aubagne en mai dernier. Au total, neuf pistes d’action ont été adressées jeudi aux candidats à la présidentielle.
Tout est parti de la ville d’Aubagne et de la volonté de ses élus d’associer les citoyens à la réflexion sur la crise du logement. « Tous sont, quelque
part, des experts » au même titre que les élus, que les représentants d’associations ou les professionnels du secteur, avait lancé le maire communiste Daniel Fontaine (voir ci-dessous) lors des
Rencontres nationales du logement et de l’habitat (RNLH), organisées en mai dernier.
Les résultats de ces échanges, rendus publics hier, prennent la forme d’un livre de 150 pages et d’une lettre adressée aux candidats à l’élection
présidentielle.
cinq ans pour résoudre la crise du logement
La missive contient neuf pistes d’action pour résoudre la crise du logement en cinq ans, parmi lesquelles figurent « une politique d’aide à la pierre
ambitieuse en faveur du logement social », la sacralisation et la « généralisation de l’accès au 1 % logement pour tous les salariés », l’instauration « d’une nouvelle fiscalité volontariste et
incitatrice régulant les prix et libérant le foncier », ou l’intervention plus active de la Caisse des dépôts pour « dégager des moyens pour construire plus »… Ces propositions, égrainées par
Colette Charriau, conseillère régionale Paca déléguée au logement et à l’habitat (EELV), recoupent des revendications déjà énoncées par la Plateforme logement des mouvements sociaux, ou lors de
« La mobilisation générale pour le logement », campagne très médiatisée de la Fondation Abbé-Pierre.
Plus originales sont « la priorité à donner à la réhabilitation » et « l’institution d’un service public du logement », qui figurent en tête des
propositions avancées par le RNLH. « Cela démontre la complémentarité de ces rencontres avec les autres collectifs, souligne Marie-Noëlle Lienneman, sénatrice socialiste. Aujourd’hui, tout le
monde dit : « Il faut construire, construire, construire », poursuit l’ancienne ministre du
Logement. C’est particulièrement vrai en région parisienne, mais la participation de citoyens et
d’élus locaux à Aubagne a montré combien la réhabilitation des immeubles dégradés doit constituer une priorité dans de nombreuses villes de province. »
« impliquer directement les citoyens »
Depuis le début de la campagne, tous les candidats disent qu’il « faut faire plus », note Marie-Noëlle Lienemann mais « cela n’est pas encore suffisant
pour répondre au
besoin de la nation ». Quant aux
400 000 logements réalisés en 2011 et dont se gaussent le
secrétaire d’État au Logement, Benoist Apparu et Nicolas Sarkozy à longueur
d’antenne, « ils ne servent à rien s’ils ne sont pas construits là où il faut ».
D’où l’importance d’un véritable service public, une autorité régulatrice « associant bailleurs, associations de locataires, acteurs de secteurs privés et
opérateurs publics pour mieux répondre aux besoins de chaque territoire ». Outre la création d’un réseau d’observatoires locaux, indispensables face au manque de données fines et officielles en
matière de logement, cela permettrait « d’impliquer directement les citoyens », meilleure garantie « pour faire avancer le droit au logement pour tous ».
Un objectif permanent des initiateurs des Rencontres d’Aubagne qui annoncent un deuxième rendez-vous national du logement et de l’habitant, le 9 novembre
prochain, dans les Bouches-du-Rhône.
Pierre Duquesne
Publicité
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)