Chikungunya à Fréjus : la traque débute
Ça y est, il a frappé. Et ça n’est même pas une surprise. Ni une catastrophe. Pas d’affolement donc.
On sait depuis plusieurs années déjà que le moustique-tigre est présent dans le Sud, notamment sur la côte méditerranéenne. Rien
d’étonnant par conséquent à ce qu’un jour ou l’autre, le chikungunya se manifeste. La différence, cette fois-ci, c’est qu’il s’agit d’un cas autochtone. Le premier.
Autrement dit, la jeune Fréjusienne malade depuis vendredi a été piquée par un moustique « bien de chez nous », si on peut dire.
Elle va bien.
Mais comment ce moustique, vecteur de cette maladie, s’est-il retrouvé à Fréjus ? Et où exactement se trouve-t-il ? C’est le
mystère que tenteront de percer les scientifiques. Ce ne sera certainement pas une mince affaire.
Selon certaines sources, un second malade aurait été détecté dans l’entourage de la jeune fille. D’autres analyses sont en cours
dans un hôpital marseillais.
Remonter à la source
En attendant, hier et aujourd’hui encore, l’Entente interdépartementale pour la démoustication (EID) du littoral méditerranéen va
traquer le moindre insecte suspect à coup de pulvérisations. Des traitements seront effectués dans un rayon de 150 à 200 m autour de l’habitation de la jeune malade, au quartier de la
Tour-de-Mare à Fréjus. Dans ces pimpantes résidences aux maisons entourées de vastes jardins, il ne sera probablement pas facile de traiter tous les espaces suspects. La police municipale est
passée hier de maison en maison, pour multiplier les conseils, comme vider les soucoupes pleines d’eau, lieux potentiels de reproduction des moustiques.
Une enquête va également être menée dans les lieux qu’a fréquentés cette enfant, « pour remonter à la source et croiser les
données » souligne-t-on à l’Agence régionale de santé (ARS). Pas si simple, là non plus. Une enfant de douze ans se déplace beaucoup. Elle a donc pu se faire piquer en divers
endroits.
Autre travail de titan : sensibiliser tous les médecins généralistes, pédiatres et laboratoires du secteur à cette maladie et à
ses symptômes, pour dépister d’éventuels nouveaux cas. Tous ont été contactés ces dernières heures, soit une centaine de professionnels.
Cela dit, l’est-Var connaît bien la lutte contre le moustique. La guerre a été lancée cet été. Une cellule de crise avait été
montée par la communauté d’agglomération de Fréjus - Saint-Raphaël (lire ci-contre), quand les habitants étaient au bord de la crise de nerfs face à l’attaque des insectes par
milliers.
L’invasion depuis deux ans
Le pharmacien de la Tour-de-Mare l’atteste : jamais autant que cette année, il n’a vendu de produits anti-moustiques. Et si les
inondations du mois de juin – qui ont laissé derrière elles des eaux stagnantes attirant les bêtes – ne sont pas étrangères à ces invasions, les moustiques sont devenus envahissants depuis deux
ans déjà, fait remarquer Philippe Cassar. Deux ans que ce pharmacien vend deux fois plus de produits contre les moustiques, « qui deviennent résistants ». Heureusement, certaines molécules
restent actives. À condition de ne pas faire n’importe quoi, de savoir étaler le produit sur la peau et de faire attention à sa toxicité.
Enfin, autre élément rassurant : le climat. Il fait moins chaud : le moustique devrait être moins virulent. On en viendrait
presque à prier le ciel pour que l’automne accélère le pas. Et que les vilaines bêtes sombrent avec les premiers frimas. Sans regret. On pourra alors parler de la grippe.
Retrouvez le dossier complet dans Var-matin de ce dimanche ou sur le journal en ligne [1]
Liens:
[1] http://www.varmatin.com/journal/en/ligne
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