"Ce sont les graines germées" qui sont en cause, a déclaré Reinhard Burger, directeur de l'Institut fédéral de veille sanitaire Robert Koch (RKI) , lors d'une conférence de presse à Berlin des trois instituts sanitaires fédéraux impliqués dans le dossier.
- Une chaîne d'indices importante
Depuis plusieurs jours, les autorités sanitaires présumaient que ces graines germées étaient bel et bien l'agent propagateur [1] de la bactérie, donc de l'épidémie. La confirmation a donc été apportée ce matin. "Les gens qui ont mangé ces graines ont neuf fois plus de chances d'avoir des diarrhées sanglantes et d'autres signes d'infection par la bactérie Eceh que ceux qui n'en ont pas mangées", a t'il expliqué. Il y a eu des analyses "multiples", dans les champs et dans les produits d'une exploitation du nord de l'Allemagne, Gärtnerhof à Bienenbüttel, qui n'ont certes pu prouver la présence irréfutable de la bactérie, mais "la chaîne d'indices est tellement importante" qu'on peut identifier désormais l'origine de la contamination, ont expliqué les responsables des autorités sanitaires.
- Epidémie en baisse
Par ailleurs, les spécialistes allemands estiment que "la source d'infection n'est plus active", et "les chiffres de nouveaux malades infectés baissent." "Il n'y a pas d'autre piste sérieuse que les graines germées", a expliqué M. Burger en réponse à une question sur la certitude à 100% des autorités qu'il n'y a pas d'autre source de contamination que des ces graines germées.
L'épidémie, apparue début mai, a touché plus de 2.900 personnes. Trente cas mortels ont été recensés, dont 28 pour la seule Allemagne. Sur le plan médical, les effets de cette souche particulièrement virulente de la bactérie E. coli ne sont pas tous connus. Les symptômes peuvent se limiter à des diarrhées et des crampes d'estomac, mais peuvent aussi dégénérer en syndrome hémolytique et urémique (SHU), une complication grave qui touche le sang, les reins et le système nerveux.
- Levée d'alerte pour les légumes
Ils ont annoncé officiellement la levée de l'alerte décrétée fin mai contre la consommation de concombres [2], de tomates et de salades crûs, qui a coûté déjà des centaines de millions d'euros aux agriculteurs européens. "Nos trois instituts sont d'accord (pour dire) qu'il n'y a plus de raison de maintenir ces recommandations" de non consommation, a dit l'un des dirigeants.
- L'Espagne veut redorer l'image de ses légumes
L'Espagne va lancer une campagne de promotion auprès des consommateurs pour redorer l'image de ses légumes, accusés à tort d'avoir été la possible origine d'une épidémie de diarrhées. Le ministère de l'Agriculture va distribuer à compter de samedi dans les établissements espagnols des grandes chaînes de distribution des affiches et brochures sous le slogan : "Les légumes de saison sont arrivés. En toute confiance". L'Allemagne appuiera notamment la campagne de promotion des produits agricoles espagnols préparée par Madrid
--> Concernant la crise des maraîchers :
- à lire: La crise du concombre met l'Europe sens dessus dessous [3]
- à lire aussi: l'Europe indemnise à hauteur de 150 millions d'euros [4]
--> Concernant la crise sanitaire :
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