À Marseille, des propositions pour un nouveau développement planétaire !
Dans la cité phocéenne, propositions concrètes et confrontations d’idées pour un nouveau mode de développement ont marqué une journée de débats.
Marseille (Bouches-du-Rhône), correspondant régional.
Marseille a frappé, samedi matin, les trois coups du lancement des ateliers annoncés par Marie- George Buffet lors de la Fête de l’Humanité. Durant toute la journée, quatre tables rondes ont
décliné le thème général : « Pour un nouveau mode de développement ». Le débat a été lancé autour de la question « décroissance ou exigence d’un nouveau modèle productif
? ». En introduction, Alain Obadia a posé quelques constats : la conscience grandissante parmi l’opinion publique que le modèle de croissance pousse la planète vers l’abîme, le
productivisme demeure le fil d’Ariane du système. Comment en sortir ? Par la décroissance ? Pour le dirigeant communiste, cela pourrait s’apparenter à une « société du
rationnement ». Pour autant, selon lui, « il y a beaucoup de raisons de dépasser la contradiction entre croissance et décroissance. On peut par exemple revendiquer la croissance des
services publics. Mais il faut aussi faire décroître certaines productions dévastatrices pour l’environnement ». Un militant communiste d’Aix s’est « déclaré » surpris par le
thème : « La décroissance ne me paraît pas d’actualité. » Pour sortir de la problématique « dans laquelle on veut nous enfermer : ou sauver la planète ou continuer à
satisfaire les besoins grandissants de la population », Pierre Laurent a formulé une série de propositions : engager la bataille pour la décroissance financière, pour la réduction
des inégalités sociales, prendre l’offensive sur la mutation du système productif comme sur le développement des services publics, faire reculer l’idéologie de la culpabilisation et étendre le
champ de la démocratie. L’objectif de ces ateliers étant de formuler des propositions tout comme d’affronter les débats qui traversent la gauche, la deuxième table ronde (« Crise
énergétique, réchauffement climatique : quelles réponses ») a donné lieu à plusieurs saines confrontations. Sur le nucléaire, par exemple. Gilles Lemaire (ATTAC) a lu une proposition
que le conseil d’administration de l’association allait soumettre au vote des adhérents sur l’abandon progressif de l’électricité nucléaire en France. Éric Rouleau a rappelé que « le PCF
n’était pas pour le nucléaire par passion mais par raison. Nous sommes pour le développement exponentiel des énergies renouvelables et pour des politiques d’économies d’énergie, mais cela ne
suffirait pas à satisfaire les besoins. Au stade actuel des connaissances, le nucléaire est incontournable ». Laurence Rossignol, secrétaire national du PS à l’écologie, a appelé à
« un vrai débat public en France » sur le nucléaire. Dans son intervention, elle s’est également prononcée pour « une mutation de nos modes de vie ». La formule a été
questionnée par Sylvie Mayer (PCF) : « Il faut vraiment qu’on y mette un contenu ou on pourrait laisser penser aux gens que l’on veut diminuer leur confort. » Pour Gilles n n
nLemaire, « parler d’économies d’énergie, ce n’est pas demander aux familles de diminuer leur confort. De toute façon, on peut avancer ensemble, même si on n’est pas d’accord sur
tout ». La troisième table ronde était consacrée à l’économie sociale et solidaire (ESS). De nombreuses interventions ont porté sur la définition même de ce type d’économie qui recouvre
des réalités très diverses, de la petite association à la grande banque mutualiste, qui n’est plus franchement ni sociale ni solidaire. Marie-Pierre Vieu a livré son expérience de
vice-présidente (PCF) de la région Midi-Pyrénées en charge du dossier où l’on a voulu extraire l’ESS d’une « économie de la réparation » et développer les circuits courts. Au rayon
propositions, Sylvie Mayer en a avancé un certain nombre : soutenir le développement de l’outil coopératif, développement d’outils régionaux de promotion, droit de préemption des salariés,
constitution d’un pôle financier public et social dont la Banque populaire- Caisse d’épargne serait le pilier. Pour conclure cette journée, la quatrième table ronde avait pour thème :
« Produire autrement pour nourrir la planète ». Les propositions du PCF présentées par Xavier Compain ont finalement été assez peu débattues. Le sociologue Jacques Broda a estimé que
« le paradigme de réponse aux besoins sociaux des gens est faux ». Daniel Roche, agriculteur et membre du MODEF, a raillé, avec un brin de provocation, comme il le reconnaissait
luimême, les circuits courts et la mode bio : « Ce n’est pas avec moins de modernisme que l’on va régler le problème. » Réplique de Sylvie Mayer : « On peut être
modernes et humains. » C’est bien la question posée à toute la gauche.
Christophe Deroubaix
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