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ARS : des agences de trestriction de soins de santé

 

 

06-04-2010

 

 

Article paru dans La Marseillaise du mardi 6 avril 2010

 


Parmi les personnels hospitaliers en général et notamment au sein de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, on n’attend rien de bon de la mise en œuvre des Ars. Quant aux patients, ils sont sous la menace d’un détricotage du service public de santé. Photo LM
Parmi les personnels hospitaliers en général et notamment au sein de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, on n’attend rien de bon de la mise en œuvre des Ars. Quant aux patients, ils sont sous la menace d’un détricotage du service public de santé. Photo LM
Les Agences régionales de santé qui se mettent officiellement en place parachèvent la révision générale des politiques publiques en matière de santé.
 

D’aucuns professeurs PU-PH, personnalités émérites de l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille, se montrent tout à fait dans l’embarras, « excusez, mais je ne me suis pas penché sur le sujet, c’est une négligence ». C’est moins la négligence, parfaitement vénielle dans ce cas, que nous voulons souligner que le désabusement de certains des grands acteurs de la médecine hospitalo-universitaire. Les lois se suivent et la situation de l’hôpital ne fait que se dégrader.
    D’ailleurs, les Agences régionales de santé sont portées par la loi Hôpital patients santé territoire (HPST) qui avait mis la crème des chefs de services et des chefs de pôles sur le pied de guerre. Au sein des personnels hospitaliers, les principaux syndicats CGT, Sud et la CFDT et FO pour d’autres raisons, on attend rien de bon de cette énième loi. « Le renforcement de la mise en place de la convergence entre le public et le privé, au détriment des principes de service public », commente Yves Castino de la CGT de La Timone.


   
Mais les nouvelles « Agences » couvrent l’ensemble du secteur de la santé et du médico-social, comprenant les hôpitaux, les cliniques et aussi la médecine de ville, sans oublier les maisons de retraite, les centres d’accueil spécialisés aux personnes handicapées et publics vulnérables. La concentration d’autant de prérogatives et de champs d’action en un seul organisme public est inédite et cohérente avec la révision générale des politiques publiques en matière de santé.
    Les moins critiques se trouveraient encore curieusement chez les médecins généralistes, parce que la loi HPST reconnaît et définit la spécificité de leur mission. Pour autant au regard de leurs espoirs déçus, la mauvaise humeur reprend vite le dessus. « La ministre Roselyne Bachelot à nos assises nationales sans faire le moindre geste en ce qui concerne la reconnaissance de la spécialité de généraliste et du passage à 23 euros. D’ailleurs, le 8 avril nous réitérons notre action et nous lançons l’idée d’un tiers payant social avec lesquels les patients n’auraient plus à faire l’avance que de ce qu’ils ne payent pas. C’est à dire 6,60 euros et zéro euros pour les longues maladies », déclare le Dr Serge Sini, responsable de MG 13.
    Les médecins de ville se sentent floués par le gouvernement qui tout en répétant dans les discours qu’ils jouent un rôle essentiel de première ligne, dans la prévention et même l’éducation à la santé, les a tenus à l’écart de la vaccination contre la grippe H1N1.
    Puis des voix inattendues se font entendre, dans le monde associatif notamment et en particulier au sein des associations de lutte contre le sida comme Aides. La publication récente d’un rapport de la Cour des Comptes qui confirment un sous-financement des actions en direction des publics ciblés se télescope avec l’annonce la semaine dernière de la création officielle des Agences régionales de santé. « Nous avons décidé, mercredi 7 avril de fermer en guise de protestation toutes nos antennes. La baisse des crédits est drastique et il y a clairement des actions ou des programmes qui s’en trouvent menacés. La mise en place des ARS ne laisse rien présager de bon », insiste Hervé Richaud, directeur régional d’Aides.


   
Bernard Delanglade, directeur de l’Union régionale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux Uriopss, avait pris les devants au chapitre des critiques, en alertant la presse il y a un an de ça. « Nous redoutons que le médico-social se trouve fondu dans le médical et devienne la cinquième roue du carrosse. », avait-il annoncé.
    Depuis, suite aux premiers contacts avec Dominique Deroubaix, directeur de l’ARS, Bernard Delanglade apporte quelques précisions : « il nous a assuré qu’il mettrait à notre disposition des interlocuteurs spécifiques au domaine du médico-social. » Le directeur de l’Uriopss restera vigilant et jugera à l’usage. Pour autant la tendance concomitante, contenue dans le projet de réforme des collectivités territoriales, qui ferait pencher la balance d’une forte autorité d’Etat au niveau régional, « pose la question du futur des politiques sociales des territoires à l’échelle des départements. »
    Dans ce jeu de poupées russes à plusieurs entrées, la pente suivie ces dix dernières années se trouve encore renforcée dans l’idée du maintien du cap des « réformes » libérales, par ce gouvernement dont la politique vient d’être clairement rejetée à l’occasion des élections régionales. Pour toutes ces raisons, l’ARS laisserait tomber le masque en s’intitulant Agence de restriction en santé.

Analyse
Antonio MOREIRA
Photo Archive La Marseillaise

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Tag(s) : #Santé
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