Tribunes & idées
Appel à résister contre le coup d’État de Nicolas Sarkozy
Par Le Comité des citoyens de la modernité (*)
Décembre 1789 : création des départements et des municipalités pour casser les provinces et donner le pouvoir aux citoyens.
Décembre 2009 : casse des départements et des communes pour retirer le pouvoir aux citoyens.
Face au pouvoir personnel d’un seul, aujourd’hui être moderne c’est tout faire pour redonner le pouvoir aux citoyens et non pas les éloigner des centres de décision. Avec notamment la réforme des collectivités locales de Nicolas Sarkozy, c’est la destruction de la République et de ses valeurs qui est organisée. Une volonté qui s’inscrit dans un processus plus global avec, par exemple, le bouclier fiscal pour les riches et le couvre-feu pour les enfants, la négation de la laïcité et les discours identitaires et sécuritaires, l’instrumentalisation du Parlement et les libertés élémentaires bafouées, la marchandisation de la culture et la libéralisation des services publics de proximité, le recul de l’IVG, la suppression du juge d’instruction… Comme une revanche du pétainisme. Mais, deux cent vingt et un ans après l’assemblée des trois ordres du Dauphiné à Vizille, en Isère, qui leva le vent révolutionnaire en réclamant la convocation des états généraux, le Dauphiné montre une nouvelle fois la voie de la résistance face à ce coup d’État. Car oui, « la réforme Sarkozy ne se discute pas, elle se combat ! » (Claude Bertrand, vice-président du conseil général de l’Isère).
C’est pourquoi, de manière pluraliste, un comité de citoyens de la modernité s’organise pour dénoncer et contrer ce train de réformes antidémocratiques et dangereuses. Des personnalités locales et nationales, scientifiques, politiques, associatives, syndicales, des artistes, des historiens, des écrivains, des philosophes… se rassemblent ainsi pour refuser cette trahison des valeurs de liberté, d’égalité, de laïcité et de solidarité, qui ont façonné notre pays depuis 1789, en passant par toutes les grandes avancées jusqu’au Conseil national de la Résistance.
Le 9 décembre 2009 (date anniversaire de la création des départements il y a deux cent vingt ans, le 9 décembre 1789) aura lieu une prise de parole sous forme de conférence de presse à l’emplacement même de la salle du Jeu de paume devant le château de Vizille. Et le 14 décembre 2009 (date anniversaire de la création des communes le 14 décembre 1789) au cœur même du Grenoble historique qui vit les Grenoblois se révolter contre le pouvoir royal lors de la journée des tuiles le 7 juin 1788, une manifestation de résistance festive sera proposée avec tous ceux, citoyens, acteurs de la vie culturelle, organisations politiques, syndicales et associatives qui souhaiteront s’associer au Comité des citoyens de la modernité pour défendre, au-delà de la démocratie, toutes les valeurs républicaines de liberté, de laïcité, mais aussi les services publics…
Car oui, la modernité est bien dans la réappropriation des valeurs et institutions républicaines, en redonnant le pouvoir aux citoyens, depuis la commune jusqu’à la nation en passant par les départements comme niveaux structurants de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, en phase avec les agglomérations communales, les régions et l’Europe. C’est tout l’inverse que veut imposer la réforme Sarkozy. À ce véritable coup d’État où il est projeté un véritable hold-up démocratique en remplaçant le système électoral actuel par des élections uninominales à un tour, il nous faut opposer une alternative fondamentale, globale et cohérente, par l’implication citoyenne au soutien d’une démocratie proche des réalités et des besoins ; un service public au service du bien commun et de l’intérêt collectif, partout et sur l’ensemble du territoire ; la solidarité et la recherche incessante de l’égalité par des institutions qui organisent les coopérations et les projets partagés ; l’ambition d’une nouvelle République ouverte au monde ; enfin, une alternative capable d’inscrire les destins individuels dans des projets collectifs porteurs de sens. C’est tout le sens de l’appel à résister du Comité de citoyens de la modernité : « pour se souvenir de l’avenir » (Aragon).
Rassemblement citoyens lundi 14 décembre à 18 heures place des Trois-Ordres à Grenoble avec le soutien de l’union départementale CGT Isère, le Collectif des fonctions publiques de l’Isère, le comité Ras l’front du Voironnais, la Fédération pour une alternative sociale et écologiste (FASE 38), la Gauche Cactus, la FSU Isère…
(*) Parmi les premiers signataires :
José Arias, vice-président du conseil général de l’Isère ; Ariane Ascaride, comédienne ; Clémentine Autain ; Jérôme Barbieri, premier adjoint au maire de Rives ; Claude Bertrand, vice-président du conseil général de l’Isère ; Henri Biron, militant écologiste ; Saïd Bouamama, sociologue ; Gérard Chouteau, universitaire ; Chantal Cornier, directrice d’institut de formation ; Jean-Claude Coux, conseiller général de l’Isère ; Didier Daeninckx, écrivain ; Brigitte Daïan, militante associative ; Annie David, sénatrice ; Michel Fugain ; Jacques Gaillot, ancien évêque ; Françoise Gerbier, maire de Venon, conseillère régionale ; Jean-Luc Gonneau, La Gauche Cactus ; Jean-Christophe Le Duigou, dirigeant syndical ; Patrick Le Hyaric, député européen ; directeur de l’Humanité ; Jacqueline Madrennes, enseignante, adjointe au maire d’Échirolles ; Jérôme Marcuccini, adjoint au maire de Voiron ; Joël Marseille, adjoint au maire de Tencin ; Roger Martelli, historien ; Bastien Maupomé, poète ; Claude Mazauric, historien ; Bernard Miège, universitaire ; Marie-Laurence Moros, syndicaliste ; Paul Muzard, militant associatif ; Serge Papagalli, comédien ; Michelle Pelletier, conseillère municipale d’Allemont ; Marie-Françoise Pérol-Dumont, députée, présidente du conseil général de la Haute-Vienne ; Alain Pianetta, conseiller municipal de Crolles ; René Proby, médecin, maire, conseiller général de Saint- Martin-d’Hères ; Luc Quinton, plasticien ; Jack Ralite, sénateur, animateur des états généraux de la culture ; Ivan Renar, sénateur ; Daniel Rigaud, conseiller général de l’Isère ; Isabelle Rousset, adjointe au maire de Renage ; Claude Roussilhe, militant associatif ; Guy Rouveyre, conseiller général de l’Isère, adjoint au maire d’Échirolles ; Édouard Schoene, adjoint au maire de Fontaine ; Georges Séguy, président d’honneur de l’Institut d’histoire sociale ; Lucien Sève, philosophe ; François Sikirdji, médecin ; Martine Toulotte, militante associative ; Marcel Trillat, réalisateur ; Anne Tuaillon, syndicaliste ; Patrick Varela, syndicaliste ; Robert Veyret, conseiller général de l’Isère ; Myriam Zerkaoui, militante antifasciste… Signatures à envoyer à : luc.quinton@laposte.net
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