Le meeting du Front de Gauche s’est tenu samedi 13 février à Aix en Provence.
Un succès incontestable
120 personnes assistaient au meeting tenu par le Front de Gauche. Au programme : préparer les élections régionales de mars prochain. Léo Purguette, le jeune secrétaire de section au Parti
Communiste a d’abord présenté les cinq candidats. Chez les femmes, Anne Mesliand, tête de liste départementale du Front de Gauche, est enseignante et syndicaliste. Hélène Le Cacheux, mère au
foyer, s’est engagée comme membre du bureau national du Parti de Gauche. Chez les hommes, Maxime Picard, Secrétaire fédéral de la Jeunesse Communiste était ouvrier à Eguilles puis maintenant à
Marseille après la lutte victorieuse pour les reclassements menée lors de la fermeture de son entreprise. C’est d’ailleurs sur cette articulation entre les luttes, le syndicalisme et la politique
que Max Picard a voulu insister. Philippe Blache, chercheur au CNRS est membre de la Gauche Unitaire issue du NPA. C’est donc naturellement qu’il a rejoint le Front de Gauche. Enfin, Jean-Marc
Coppola Vice-Président sortant du Conseil régional, syndicaliste cheminot, était là en tant que tête de liste régionale. Un projet politique fort et exigeant.
Chacun s’est exprimé sur ses priorités pour les élections régionales. « La réforme des collectivités territoriales est au cœur de la campagne et pourtant, bon nombre de têtes de liste passent ce sujet sous silence » explique Jean-Marc Coppola. Il poursuit : « Nous allons vers un processus de privatisation des espaces publics territoriaux. Ce phénomène d’étouffement a déjà commencé avec la suppression de la taxe professionnelle. La droite veut priver les élus de proximité de prérogatives. Mais les présidents de région dont 20 sur 22 sont socialistes ont décidé de ne pas s’opposer aux décisions dévastatrices du gouvernement. Ils préfèrent les accompagner. Ici on appelle cela “résister” ! Il y a aujourd’hui bien autre chose à imaginer au niveau des enjeux. Malheureusement Michel Vauzelle vient de faire adopter une motion dans la dernière séance du conseil régional dans laquelle, de fait, il anticipe la réforme des collectivités territoriales de Sarkozy alors qu’elle n’est pas encore votée. Évidemment le groupe des communistes et partenaires s’y est opposé. Il faut donc au niveau des régions de la cohérence entre les paroles et les actes ».
Le saccage de la démocratie et la casse des services publics, voilà d’autres terrains de luttes du Front de Gauche.
Philippe Blache et Anne Mesliand ajoutent : « La démocratie est attaquée. Partout, tout est fait pour retirer les moindres relais entre l’État et les citoyens. Créer
des conseillers territoriaux amènera à une recentralisation. IL faut donc mettre en place une intervention citoyenne active en créant des conditions pour que la population puisse s’exprimer. Nous
pensons que les régions doivent être de véritables acteurs politiques ». Au passage Anne Mesliand épingle la présence du président de son université sur la liste de Michel Vauzelle, lui
qui a été pour leur fusion, lui qui a été le premier à faire intervenir les CRS dans l’enceinte de la faculté. Elle note que là aussi il y a pas mal de discours qui sont loin des actes. Le
combat écologique était également à l’honneur, porté par Hélène Le Cacheux : « Il n’y aura pas d’évolution écologique sans abandon du système capitaliste ».
Un style de meeting direct et
vivant
En fait il n’y a pas eu de meeting classique avec grands discours mais plutôt un dialogue direct entre les candidats
et l’assistance. On a parlé de référendum, de nouvelle répartition des richesses et du contrôle démocratique des fonds publics. L’accent a été mis sur l’importance de la maitrise financière qui
est la clé non seulement du développement mais de la justice sociale. Par son effet de levier, le conseil régional serait en position de force pour « imposer aux banques
leur véritable rôle au service de la qualification, de l’emploi, du développement des activités et de l’économie au lieu de spéculer avec notre argent ». Dans ce débat direct avec les
personnes présentes, Jean-Marc Coppola a montré comment une mesure que certains qualifient de démagogique comme la gratuité des TER, répondait non seulement à un objectif de pouvoir d’achat mais
aussi de nouvelles répartitions des richesses, d’efficacité économique, de souci environnemental et représentait en fait une autre conception de la société où tout ne serait pas à
vendre.
La Gauche oui, mais pour faire quoi ?
En conclusion, oui il y a accord profond pour la victoire de la gauche aux régionales et si possible dans toutes les régions... Mais alors se pose la question : quelle gauche ? Celle
qui accompagne et qui accepte ou une alliance large qui non seulement résiste mais s’oppose et éventuellement désobéît pour mettre en œuvre de véritables
alternatives ?
Compte-rendu de P.B. et J.P.
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