Article paru dans La Marseillaise du mercredi 25 novembre 2009
La manifestation qui était partie de la Porte d’Aix a traversé le boulevard d’Athènes avant de rejoindre le cortège des postiers sur la Canebière, pour se terminer devant la
préfecture. ROBERT TERZIAN
Education. Près de 5000 personnes et pour une grosse majorité des personnels de l’éducation,
étudiants et lycéens ont manifesté hier avec les postiers pour la défense du service public.
« L’école primaire Bellevue à Marseille fermée, Ecole Korsec 14 enseignants sur 16 déclarés en
grève…. » C’est sur fond d’énumération de la participation gréviste à la journée d’action de l’éducation que s’est formé hier matin sous les ballons gonflables de la FSU, le
premier cortège de manifestants de la rentrée scolaire, entre Porte d’Aix et Bourse du travail à Marseille.
Une bonne participation pour les syndicats organisateurs (SNES, Snuipp, SDU de la FSU, Educ-CGT, Sud Education, Sgen-CFDT, UNEF et FIDL) qui n’ont cependant pas réussi à ranimer
l’intersyndicale, mais qui malgré tout ont bien mobilisé pour ce premier retour de l’éducation dans la rue.
Entre 30 et 50% de grévistes dans le second degré (collèges et lycées) et une fourchette allant de 30 à 85% pour le premier degré, et 50% de restaurants scolaires fermés à
l’appel du seul SDU-FSU, selon des sources syndicales, ce qui donne la tendance de l’état de mobilisation des personnels de l’éducation.
Une remobilisation plutôt encourageante après une rentrée difficile, a indiqué Nadine Castalleni de la CGT Education. « Il s’agit pour nous de se faire entendre sur le vote du
budget ». Un budget qui n’aura jamais été aussi catastrophique avec des milliers de suppressions d’emplois programmées dans l’éducation.
« Le gouvernement n’a pas changé de cap, assure Jean-François Longo de la FSU. Les mauvais choix se poursuivent malgré les changements de ministres. C’est au prix d’une
mobilisation puissante que nous avons obtenu des reculs, mais cela n’est pas suffisant » poursuit le responsable syndical.
La colère va encore
s’exprimer
La question des suppressions d’emplois, mais aussi celle de la mastérisation qui se traduit par
moins d’emplois pour les nouvelles générations et l’absence de revalorisation de la profession sont les principaux sujets de discorde. Des enseignants éprouvés par la
dégradation de leurs conditions de travail.
La profession a perdu en l’espace de trois budgets l’équivalent de 40 à 50 000 emplois. « Il y a de nouvelles formes de colère » assure Jean-François Longo. Des colères qu’il
faudra traduire et transformer en propositions positives ».
En colère, les lycées de Michelet, Montgrand, St-Exupéry et St-Charles, le sont tout autant et ce après qu’un jeune lycéen de St-Charles ait été interpellé par la police hier
matin, pour insulte à agent. Une accusation démentie par les lycéens après une première tentative avortée de blocus aux premières heures de la matinée. Des lycéens qui
s’inquiètent de la dégradation de leurs conditions d’études et ne croient pas aux vertus « thérapeutiques » de la réforme du lycée. Pas plus que leurs professeurs
d’ailleurs.
Laurent Tramoni du Snes précise qu’au moment où l’Académie perdait 4% de ses élèves, elle était amputée de 7% des ses enseignants. Les effectifs repartent à la hausse alors que
les emplois continuent de disparaître.
Ce début de mobilisation « est un encouragement à poursuivre », souligne Quentin Cohuau du Sgen-Cfdt. Seule fédération cédétiste de France à avoir appelé à faire grève hier. Il
s’est dit prêt à s’inscrire sur le long terme. « Ce gouvernement veut nous étouffer et nous mettre à terre. Nous ne nous laisserons pas faire » a t-il promis.
« Le désespoir n’est pas porteur d’espoir, il vise à l’obéissance », clamait une femme sur le camion sono, juste avant que n’ait lieu la fusion des deux cortèges au beau milieu
de la Canebière. Démonstration qu’un nouveau rapport de force est en train de naître pour la défense du service public.
CATHERINE WALGENWITZ
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