Plus de 1 000 votants dans la petite ville de Brignoles !
Dans ce coin de Provence, le refus de la disparition des services publics s’est aussi exprimé dans de très nombreux villages.

Brignoles (Var),
correspondance particulière.
Depuis vendredi, l’hôtel de ville de Brignoles, 17 000 habitants, au coeur du Var, est orné d’une banderole :
« La mairie de Brignoles soutient le service public postal. » Outre Brignoles, les communes voisines de Cabasse, Carnoules et Carcès ont approuvé en conseil municipal des
délibérations de soutien à une poste publique. « J’ai travaillé trente-cinq ans à EDF et je vois ce que cette entreprise est devenue au fil des ans et c’est devenu pire après la
privatisation partielle ! justifie Claude Gilardo, le maire PCF de la commune. Les services publics sont en train de disparaître, c’est quelque chose que nous refusons. Républicain
convaincu, je défends ce qu’ont gagné mes grands- parents, pour le transmettre à mes propres petits-enfants. Les Brignolais vont se mobiliser pour la protection de la poste publique au-delà de
leurs orientations politiques. »
Dans ce coin de la « Provence verte », la votation citoyenne avait démarré plus tôt dans la semaine, avec une tournée des villages avoisinants. Besse-sur-Issole a apporté 190 voix contre la privatisation de La Poste, Pignans, 198 ; Carcès, 263, et Cabasse, 306. Seuls cinq votants avaient choisi de cocher la case « oui ».
Mais samedi, jour de marché, c’est dans Brignoles même que quatre urnes ont été installées sur des emplacements stratégiques par les militants du comité varois de l’appel pour La Poste, les assesseurs étant souvent assaillis de questions. Et le résultat - 1 006 votants pour 985 « non », 14 « oui » et 7 « nul » - est sans appel.
« Les gens se déplacent spontanément, même s’ils n’étaient pas au courant, constate William Mathevet, responsable du PCF local. Ce qui ressort, c’est un ras-le-bol général, qui dépasse la question même de La Poste. Le constat est que le gouvernement détruit tout, sans consulter les citoyens. C’est un vote sanction qui s’exprime, au-delà même de ce référendum. »
« Les passants s’arrêtent et s’intéressent avant de voter, confirment Jean-Jacques et Céline, qui tiennent un bureau au milieu du marché. Ils se sentent très concernés et veulent conserver la poste publique. »
« Je suis cliente de La Poste. Dans mon village, elle n’est déjà ouverte que deux heures par semaine. Si elle est privatisée, je sais que ce sera encore pire », raconte Vanessa, vingt-deux ans, en rebouchant son stylo après s’être exprimée dans un bureau improvisé sur le parking d’une grande surface. « La poste publique, on doit la protéger et même l’améliorer. C’est un service de proximité, dont j’ai besoin presque tous les jours. »
Familles, retraités ou jeunes actifs, les profils des votants étaient extrêmement divers, samedi, dans les rues de
Brignoles. « J’ai soixante-et-onze ans et j’ai toujours connu La Poste, la privatiser serait une folie ! constate Maryse devant le bureau de vote de la mairie. Les services que me
rend mon facteur sont inestimables et toujours impeccables. Aujourd’hui, j’ai envie de le défendre, d’autant que l’exemple de France Télécom fait froid dans le
dos. »
Marc Bussone
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