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Politique / Social - Économie - Article paru le 23 septembre 2009 dans l'Humanité

 

Un grand « non » des postiers contre la privatisation de la Poste !



La Poste . Contre le projet de loi de changement de statut de l’entreprise publique, 35 à 40 % des facteurs, guichetiers, agents de tri étaient en grève hier.


La propagande du gouvernement et de la direction n’a pas découragé les postiers. Hier, entre 35 % et 40 % des quelque 260 000 employés de La Poste ont répondu à l’appel à la grève lancé par cinq syndicats (tous sauf la CGC et l’UNSA), soutenus par les partis de gauche, pour manifester leur opposition au projet de loi de changement de statut de l’entreprise publique. Texte qui, adopté en conseil des ministres fin juillet, devrait être examiné fin octobre par le Sénat.*


Attachement au service public


Sans être impressionnantes, les manifestations
décentralisées ont réuni 4 000 postiers à Paris, près de 2 000 à Marseille, 1 000 à Toulouse, et plusieurs centaines dans les autres grandes villes. Les taux de grévistes « sont comparables à ceux de 2008 », s’est félicitée la fédération CGT-FAPT, allusion à la journée de mobilisation du 23 septembre 2008, la première après l’annonce par le président de La Poste Jean-Paul Bailly, de son projet de transformation de l’entreprise publique en société anonyme, et d’ouverture du capital. Pour SUD-PTT, deuxième syndicat de l’entreprise, il s’est agi hier d’un « nouveau coup de semonce contre la privatisation de La Poste », la grève étant « massive », « malgré une très forte contre-information de l’entreprise pour vanter la nécessité de l’ouverture du capital ». La prochaine étape visée par les syndicats est désormais le référendum « artisanal » qui permettra aux usagers d’exprimer, entre le 26 septembre et le 3 octobre, leur attachement au service public du courrier. Dans un communiqué, la CGT-FAPT propose également que les postiers se joignent à la journée interprofessionnelle du 7 octobre, prévue par six confédérations.


Maintenant, le référendum


Ces derniers jours, le gouvernement a tenté de désamorcer la mobilisation en multipliant les déclarations censées convaincre de l’innocuité du projet de loi. « Il n’est pas question de privatiser La Poste », martelait hier sur France Inter la ministre de l’Économie Christine Lagarde. « Les acteurs qui vont entrer au capital seront des acteurs publics, notamment la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Les engagements (du gouvernement) sont très, très clairs. » Tellement clairs qu’à l’évocation des précédents de France Télécom ou GDF, privatisés malgré de semblables promesses, la ministre provoque un silence radio. La veille, le ministre de l’Industrie Christian Estrosi avait aussi mouillé la chemise en jurant : « S’il m’était demandé de porter un texte devant le Parlement qui menace un seul instant de porter atteinte au statut public de La Poste, je ne le ferais pas. » Le ministre s’est dit prêt à renforcer les garanties inscrites dans la loi sur le maintien de 100 % de capitaux publics, ou la limitation de l’ouverture du capital à la seule CDC. Mais ces amendements ne changeraient rien au fait qu’une nouvelle loi pourra balayer ces garde-fous. Quand le verrou du statut public aura sauté, tout sera permis, font valoir les syndicats.

Hier, les parlementaires PS et PCF, tout comme la CGT, ont réitéré leur demande au gouvernement d’un référendum d’initiative populaire, selon la procédure créée l’an dernier par la nouvelle Constitution. Le matin, la ministre Lagarde avait répondu avec mépris qu’« on ne va pas faire de référendum à longueur de temps. Il faut réserver la consultation populaire à de grands moments. Sur La Poste, on renforce l’entreprise (…), on garantit le service public. Franchement, il n’y a pas de quoi amener tout le monde aux urnes ». Pour le gouvernement, la privatisation de la Poste et le basculement de 260 000 postiers dans la tourmente du privé est un non-événement.

Fanny Doumayrou

Notre dossier La Poste

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Tag(s) : #Services publics
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