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Désobéisseurs : "Rien ne justifie une telle sanction" !

Article paru dans La Marseillaise du lundi 21 septembre 2009


Désobéisseurs. La commission adminsitraive de l’inspection académique s’est prononcée à titre consultatif pour un déplacement d’office du professeur des écoles, Erwan Redon.

Dans les prochains jours, c’est à dire au début ou à la fin de la semaine prochaine, Erwan Redon, enseignant désobéisseur de l’école des Convalescents à Marseille, pourrait être définitivement fixé sur son sort. La commission administrative paritaire départementale (CAPD), qui s’est réunie jeudi à 14 heures pour se terminer hier à 4 heures du matin, a émis un avis consultatif qui n’a pas encore été notifié par l’inspecteur académique, Gérard Trève.
La sanction votée (à bulletin secret) sur proposition de l’IA, alors qu’Erwan Redon et ses défenseurs avaient quitté l’audience vers trois heures du matin, au prétexte que les conditions n’étaient plus réunies pour que la rencontre puisse avoir lieu dans de bonnes conditions, a abouti au déplacement d’office de l’enseignant (10 pour, 8 contre, 2 abstentions).
Erwan Redon s’est déclaré très en colère à sa sortie d’audience, qu’il a qualifié d’archaïque. L’enseignant avait prévu de faire entendre une douzaine de témoins dans cette commission qui a commencé à se réunir à 15 heures et a auditionné les premiers témoins à 23 heures. Il a été impossible pour l’enseignant d’asseoir sa défense sur le fond. Sur les conseils de son avocate, il a donc décidé de quitter la séance vers 3 heures du matin.

« Qu’est-ce qui justifie une telle sanction », a indiqué l’enseignant, qui a annoncé qu’il allait continuer à se battre pour que la démocratie continue de s’exprimer à Marseille, « une ville qui n’est pas en dehors de la France ».
Myléne Romeas, désobéisseuse et militante à Sud Education, a exprimé son écœurement après l’annonce de la décision. Elle a décrit une ambiance tendue. « Tout cela ressemblait à un tribunal d’exception. Tous ceux qui étaient là ont eu l’impression d’avoir reçu une claque. »
Une séance marathon, reprendra à son tour Béatrice Dunet du SNUipp, dont l’organisation syndicale compte 7 des 10 sièges (SNUipp, Unsa, FO) de la commission académique. Les dix autres étant occupés par les représentants de l’inspection académique. Elle aussi a dépeint une ambiance lourde et la longueur d’une procédure dont le résultat n’est pas, affirme-t-elle, « le vote espéré ». « Même si, poursuit-elle, cela ne change rien sur le fond. Mais nous aurions aimé un 10 sur 10. » Concernant la sanction, elle a indiqué qu’il s’agissait d’une « mesure sévère dans l’échelle des sanctions ». La sanction au-dessus est la mise à pied pendant 2 ans. Une lourde peine pour les organisations syndicales qui se sont prononcées contre toute sanction et avaient contesté le bien fondé du conseil de discipline.

Le dossier présenté par Erwan Redon avait été bien ficelé. Trop bien peut-être, puisque les 14 témoins, les 4 défenseurs et l’avocate d’Erwan Redon n’ont pas pu mener jusqu’au bout leur travail de défense. Au fond que reproche-t-on réellement à Erwan Redon, dont l’histoire révèle le malaise d’une profession de plus en plus confrontée à l’autoritarisme.
« Un autoritarisme note Jean-François Longo, secrétaire académique de la FSU, qui a accompagné les nouvelles réformes, dont la mise en œuvre a conduit à des crispations et des interrogations sur l’endroit du métier. »
Des enseignants qui pourraient être de plus en plus déstabilisés dans la pratique de leur métier. Tentés par des attitudes de repli ou de radicalité. Il y a donc urgence à ouvrir le dossier des réformes engagées ces derniers mois contre l’avis même d’une majorité d’enseignants.

CATHERINE WALGENWITZ


http://www.lamarseillaise.fr/education/rien-ne-justifie-une-telle-sanction.html
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Tag(s) : #Education
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