Les choix de la SNCF tournent le dos au Grenelle de l’environnement. DR
Cheminots. Rassemblement jeudi prochain, 24 septembre, pour la défense du service public du
transport ferroviaire, sur l’esplanade de la gare Saint-Charles qui sera rebaptisée.
L’Esplanade de la gare Saint-Charles va changer de nom. Jeudi prochain 24 septembre en effet, une
plaque la rebaptisant « Esplanade du service public SNCF pour un développement durable » y sera dévoilée.
Pourquoi cette initiative ? Trois dirigeants de la CGT cheminots en Paca, s’en expliquent. « Ce jour-là, indique Serge Cayol, se réunit un comité régional
d’entreprise, à l’ouverture duquel sera prononcée une déclaration commune aux 4 organisations représentatives (la CGT, l’Unsa, FO et Sud rail), après quoi, leurs élus quitteront
la séance ». Suivra donc l’inauguration de l’esplanade rebaptisée.
« Les formations politiques et leurs élus y sont invitées, à l’exception du FN », signale Daniel Tourlan (secrétaire général). Une bonne façon de voir
avec les présences, « ceux qui sont réellement attachés au développement durable et ceux qui se servent de ces mots pour surfer sur la vague des dernières élections ».
Déjà le 2 septembre, une conférence de presse unitaire des syndicats de cheminots avait fait part des menaces qui pèsent sur le fret ferroviaire. Depuis il y
a eu les annonces du gouvernement en la matière. « De 6 à 7 milliards injectés par l’Etat, nous en prenons acte », précise le même, avant de préciser que les
infrastructures ainsi crées ne seront pas effectives avant 2015-2020 et de demander « à quoi cela va servir s’il n’y a plus que des trains complets ».
Comme cela avait été expliqué lors de cette conférence de presse 2 septembre soutenue par les élus socialistes, dont le président Vauzelle, et
communistes , la SNCF entend en effet supprimer « les wagons isolés ». Or, seules les très grandes entreprises peuvent remplir des trains complets, quand les Pme,
utilisatrices de ces wagons isolés, constituent 80% du parc industriel régional et assurent grâce au dispositif menacé, 90% du transport ferroviaire des marchandises. Les quatre
organisations syndicales déjà citées ont d’ailleurs adressé une « lettre ouverte aux chargeurs » pour les alerter sur les conséquence d’une telle mesure pour leur situation et
pour l’économie régionale.
Mise sur route de 2,5 millions de camions
Sans compter qu’elle entraînerait la mise sur les routes de 2,5 millions de camions (chapeau le Grenelle de l’environnement !) et la suppressions de 6 000
emplois supplémentaires. Soit, estime Laurent Delours, « de 400 à 500 dans notre région ». Avec, à l’horizon, la menace de fermeture du triage de Miramas et de Champleury
à Avignon.
Parce que, contrairement au discours des chantres de « la concurrence libre et non faussée », l’ouverture du trafic ferroviaire des marchandises
aux entreprises privées n’a pas favorisé ce mode transport dont la part était de 14% avant cette ouverture et n’est plus de que 11% aujourd’hui. Grand gagnant de l’opération,
non pas le rail privé, en difficulté pour répondre aux impératifs de sécurité, mais la route. Le pays du Grenelle de l’environnement dénoncent les trois syndicalistes, est «
celui ou le transport routier est le moins taxé d’Europe ». On pourra toujours se faire les gorges chaudes de « la taxe carbone » !
Et passons sur le fait que ce transport n’est pas en mesure de répondre aux besoins de l’industrie chimique particulièrement présente sur les bords de l’étang
de Berre et dans le golfe de Fos. Pour des raisons de sécurité.
Toutes choses que les cheminots expliqueront ce matin aux usagers au moyen d’un tract distribué en gare Saint-Charles. Un tract les invitant à défendre le
service public.
CHRISTIAN CARRERE
http://www.lamarseillaise.fr/transports/quand-le-fret-d-raille.html
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