Les Français veulent plus des transports publics !
Mobilité . La 3e Journée du transport public veut montrer le visage d’un secteur en pleine modernisation. Entretien avec Joël Lebreton, vice-président du GIE regroupant élus locaux et transporteurs.
Pourquoi organiser une Journée du transport public ? Est-ce que ça suffit à la promotion de ce type de
transport ?
Joël Lebreton. Une Journée du transport public ne va pas changer la face du monde. L’objectif de cette journée est de faire découvrir ou redécouvrir leurs transports publics aux Français en
montrant des outils de bonne qualité, qui fonctionnent bien. Nous voulons faire savoir que c’est un secteur qui a beaucoup changé, que des progrès ont été réalisés. Si, en plus, ça pouvait
inciter les Français à adapter leur comportement en matière de déplacements, mieux prendre en compte la dimension du transport public dans leurs habitudes de déplacement, je pense qu’on ferait
oeuvre utile.
Il s’agit de la troisième édition de cette Journée. Est-ce que vous avez pu analyser ses
retombées ?
Joël Lebreton. Si j’en juge par l’augmentation de la participation des entreprises et des collectivités locales, c’est un événement qui s’affirme. Cette année, 170 villes, 35 départements, 7
régions y participent, représentant un peu plus de la moitié de la population française, soit une augmentation de 25 % par rapport à l’an dernier. Pendant la journée de 2008, nous avons
enregistré une augmentation de la fréquentation de l’ordre de 30 %. Il y a donc eu un vrai effet ponctuel qui s’inscrit dans une dynamique très positive de fréquentation générale des
transports en commun, de l’ordre de + 5 % dans les transports
urbains.
Pouvez-vous nous citer des expériences intéressantes lancées à cette occasion ?
Joël Lebreton. Le transport public se modernise dans plusieurs directions. L’essentiel est une élévation de la qualité du service rendu à des utilisateurs, des clients qui la comparent à
l’automobile ou à d’autres services de vente de consommation. Depuis quelques années, nous
avons beaucoup travaillé sur ce secteur. Cela se traduit par des réalisations emblématiques, comme le tramway. Un mode de transport plus confortable, plus rapide, plus fiable, accessible à tout
le monde… Par ailleurs, nous développons dans les zones peu denses des systèmes de transport à la demande, des dessertes de nuit pour les gens qui travaillent dans des horaires décalés ou pour
les loisirs. Dans le même esprit, nous utilisons toutes les technologies modernes pour faciliter l’utilisation des transports publics : on peut avoir sur son téléphone mobile l’horaire des
deux ou trois prochains bus à l’arrêt de son choix, payer son titre de transport par Internet, et bientôt on pourra recharger sa carte de transport dans des distributeurs bancaires. Nous
travaillons également pour une meilleure prise en compte de l’intermodalité, avec une modernisation des systèmes ferroviaires régionaux. La région Champagne-Ardenne donne un exemple ce 16
septembre en proposant un tarif de 1 euro sur tous les systèmes de transports, ceux gérés par la région comme les transports urbains des villes…
En tant que transporteur, avez-vous perçu une modification des comportements après le Grenelle de
l’environnement ?
Joël Lebreton. Le Grenelle était l’occasion de provoquer une prise de conscience. Aujourd’hui, les Français sont d’accord pour développer les transports en commun. Le deuxième impact, c’est le
retour de l’État dans le jeu du financement des projets de modernisation quavait quitté il y a cinq ou six ans. C’est un signal positif, notamment pour les élus locaux qui savent qu’ils ne sont
pas isolés.
Jacques Moran
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