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Fête de l'Humanité : Une certaine soif d’un projet partagé !


 

Article paru dans La Marseillaise du lundi 14 septembre 2009

Photo DR
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Débats et intentions pris sur le vif à gauche, ce week-end à la Courneuve, pour la Fête de l'Humanité.

 

Au-delà de la fête de rentrée des communistes, c’est bien l’ensemble de la gauche - son peuple ou ses leaders - qui a profité de l’occasion pour débattre. Il y avait longtemps qu’un week-end n’avait pas été aussi riche pour une gauche en quête d’avenir. Alors, peut-on parler de plusieurs gauches ? Des réponses sont venues au hasard des débats ou par déclarations interposées durant ces trois jours.
C’est d’abord Jean-Luc Mélenchon (PG) qui, après avoir fustigé ses anciens amis du PS la semaine dernière, a lancé : « arrêtons de parler de la gauche du PS. Il y a la gauche et elle ne va pas bien ».
Il considère que ce qui porte préjudice à la gauche dans son ensemble est que « le PS semble estimer que l’on ne peut plus changer le monde et qu’il faut l’aménager ». Comme pour tiédir ce jugement il a affirmé sur RMC, en direct de la fête, que « rabâcher qu’après le gouvernement Jospin les socialistes sont tous des traites, ce genre d’explications ne mène à rien ».
Autre expression qui, sans être nommément citée par les partis de gauche aura été commentée - souvent de manière critique - ce week-end : Robert Hue et son appel signé par un millier de citoyens ou personnalités de gauche, en faveur d’un « pacte unitaire de progrès ». Pour cela, lui aussi sur le stand de RMC, a lâché que « quand il y a nécessité d’un rassemblement à gauche, comme c’est le cas aujourd’hui pour résister à la droite et construire une alternative progressiste au néolibéralisme, il n’y a aucune tribune interdite pour s’exprimer » faisant référence à un débat auquel il a participé durant l’été aux côtés de membres du PS ou du MoDem. D’autant que pour cette élaboration progressiste urgente il lance un pavé : « bien sûr, les espaces de dialogues citoyens ne doivent pas se faire contre les partis mais actuellement, les partis de gauche sont un obstacle à un rassemblement » de par les querelles ou approches partisanes dit-il.


Le PCF lui, par la voix de Marie-George Buffet ou Pierre Laurent principalement, rétorque nécessité d’ « ateliers thématiques pour un projet partagé » à gauche dans un appel aux responsables de partis de gauche à « débattre sur un projet » sur lequel pourrait se construire « une majorité pour les élections. Mais elle prévient que ce débat pour « faire la clarté » doit « vivre au cœur du mouvement social ».
Si la question du projet est « essentielle » pour le PCF, pas question de ne pas évoquer les stratégies. Et cela même si des désaccords s’affichent avec le PG rétif à s’associer à des ateliers où participerait le PS. « Quand on fait du neuf, comme avec le Front de gauche, il est normal que le débat existe » minimalise Pierre Laurent, coordinateur national du PCF. Un Front de gauche qu’il convient de ne pas « cantonner à ses frontières actuelles » dira-t-il lors d’un débat associant Christian Picquet ( ex. LCR et animateur de la Gauche Unitaire au Front de gauche), François Delapierre (PG), Alain Vidalies, (dirigeant du PS), Myriam Martin (direction nationale du NPA), Jean-Vincent Placé (responsable national des Verts).
Ce forum a eu le mérite d’exister même si, dans les travées de l’Agora de l’Humanité où s’étaient pressées plusieurs centaines de citoyens de gauche on estimait qu’il n’avait pas fait la clarté. « Il y a des luttes fédératrices pour toute la gauche : il y a eu le CPE, maintenant La Poste » dit Alain Vidalies. « Et la réponse politique ? » lui lance un syndicaliste enseignant. « On a besoin de confronter nos idées. C’est le débat auquel appelle Martine Aubry avec sa +maison commune+ à gauche répond le dirigeant socialiste.


« On ne peut combattre la politique de Sarkozy en lui opposant le seul +ordre juste+ comme l’a fait Royal » lui rétorque Christian Picquet. « Au PS, majoritairement, nous gardons l’idée de rassembler à l’exclusion du MoDem » répond le dirigeant du PS.
« La gauche n’est pas à la hauteur car la gauche est en crise » reprend François Delapierre. La solution : inscrire le Front de gauche dans la durée pour toutes les échéances électorales ».
Au NPA, Myriam Martin estime « ne pas entendre la même chose » dans la bouche d’Alain Vidalies que dans celle de Martine Aubry. « Il est impératif de construire dans la clarté. Recréer l’espoir impose de proposer une gauche de combat » avec des groupes de travail que le NPA propose, mais sans le PS.
Pour les Verts, Jean-Vincent Placé estime que si la gauche peut s’accorder contre le libéralisme, il est « important de dénoncer une société consumériste ». Et même si le PCF ou le PG ironisent sur les alliances larges des Verts aux européennes, Jean-Vincent Placé n’entend pas laisser Sarkozy en place en 2012 : « trop de gens souffrent, attendent autre chose ». D’où la décision des Verts d’ « aller discuter avec tout le monde à gauche », même s’ils ne savent pas ce que veut le NPA pour les régionales.
Alors alliances à gauche, rassemblement, union ? Le débat ne fait que commencer. D’autant que nombreux sont à dire, à gauche - avec nuances - que le projet politique doit prévaloir. Reste le mot de la fin qui est revenu au directeur de l’Humanité dans le discours de clôture de la fête : « Le Front de gauche » que le PCF souhaite voir s’élargir «  n’a pas vocation à combattre une partie de la gauche ». Une précision qui ne manque pas d’éclairer les possibilités ouvertes à gauche, notamment pour les régionales avec les 22 régions dirigées principalement par des majorités sortantes PS, PCF, Verts

Récit
Pierre BASTIEN
Envoyé spécial

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Tag(s) : #Fête de l'Humanité
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