Le PCF « ouvre grand les portes » au débat !

« Ouvrons grand les portes et les fenêtres (…) et on verra jusqu’où le jardin ira. » C’est l’invitation au
débat à gauche lancée par Marie-George Buffet, hier, à l’ouverture de la fête de l’Humanité. La secrétaire nationale du PCF avait convié pour l’occasion les journalistes à un déjeuner de
presse, entourée de Pierre Laurent, coordinateur national, et d’Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.
Le Parti communiste entend se saisir du rassemblement de La Courneuve pour faire débattre militants et responsables de toute la gauche en vue de l’élaboration d’un « projet » sur la base duquel construire une « majorité » aux élections. Un travail que le PCF propose de poursuivre dans « sept ateliers thématiques » ouverts à toute la gauche et aux forces sociales et citoyennes. « Le débat sur le projet doit vivre au coeur du mouvement social et des luttes » afin « de viser des majorités à gauche », et notamment aux régionales de mars 2010, a expliqué la responsable communiste. Interrogée sur l’état du PS en proie à ses querelles internes, Marie-George Buffet a déclaré : « Il faut que ça s’arrête, que la gauche se mette concrètement à débattre sur un projet pour les régionales et pour demain et après-demain. »
Le PCF rencontrera durant la Fête les principaux responsables de la gauche : Martine Aubry (PS), Cécile Duflot (Verts), Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), Christian Picquet (Gauche unitaire), Olivier Besancenot (NPA), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière)…
Sans attendre le début des festivités, Jean-Luc Mélenchon a mis les pieds dans le plat, hier. Dans un entretien accordé à Libération, il menace à demi-mot la direction communiste de rompre l’unité du Front de gauche si le PCF s’entête à vouloir faire dialoguer toute la gauche dans ses « ateliers du projet » : « Le Front de gauche a été mis en place pour être autonome et indépendant du PS. Il continuera de l’être. Si le PG doit en assumer la responsabilité, nous le ferons. » Pour Marie-George Buffet, le Front de gauche « ne doit pas être cantonné à une frontière. On ne peut pas exclure une force de gauche a priori », estime-t-elle. Elle a évoqué la « mise en place d’un groupe, un conseil permanent (du Front de gauche) où on pourrait travailler ». Le PCF devrait proposer une « offre politique nationale » à ses partenaires à l’issue de son conseil national du 24 octobre, a répété la secrétaire nationale. Une manière, aussi, de rassurer ses partenaires du Front de gauche sur le risque d’« alliances à la carte » dans lesquels « le PG n’ira pas », affirme Jean-Luc Mélenchon.
Interrogé sur ces différences d’approche, Pierre Laurent a estimé qu’il n’y a pas lieu de dramatiser les
déclarations des uns ou des autres : « Quand on construit quelque chose de neuf, il est normal qu’il y ait des débats entre nous. » Pour le coordinateur du PCF, « la
position des communistes est claire : nous souhaitons construire le front le plus large possible sur la base de contenus vraiment à gauche. L’ambiguïté n’est pas de notre côté, elle est
aujourd’hui du côté du PS qui hésite entre faire de véritables choix à gauche et s’allier avec le Modem ». Pierre Laurent prend l’exemple de la taxe carbone. « Quelles propositions
alternatives avance-t-on face à la droite ? Ça passe par un débat dans toute la gauche, y compris avec le PS et les écologistes », estime-t-il.
Sébastien Crépel
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