Alain Bocquet : « L’idée communiste a besoin d’un parti »
Dans le livre que vous cosignez, vous êtes présenté comme un homme de paradoxes, à la fois pétri de convictions mais pragmatique sur
le terrain. Assumez-vous cette image ?
Alain Bocquet. Oui, je l’assume. Mes convictions dans le combat communiste et le rassemblement le plus large pour
dépasser cette société capitaliste insupportable sont une lutte constante de ma vie. Mais, en même temps, la vie de tous les jours a ses contradictions. Il faut appréhender les réalités comme
elles sont si l’on veut faire évoluer les consciences. Il y a longtemps que j’ai substitué au dogmatisme révolutionnaire le pragmatisme révolutionnaire.
L’actualité de la crise légitime-t-elle l’idée que vous défendez d’un PCF qui a « tout à gagner à
s’affirmer » ?
Alain Bocquet. Oui. L’idée communiste nécessite, pour être portée le plus largement et le plus efficacement
possible, un parti politique moderne, démocratique et ouvert, mais qui n’en rabatte pas sur le fond et puisse jouer un rôle d’éveilleur de conscience. En face de nous, les défenseurs du système
en place sont extrêmement puissants et organisés : le FMI, la Banque mondiale, la Banque centrale européenne, le G20… Ils ont à la fois l’intelligence et les moyens. Les communistes ont un
rôle à jouer en tant que parti pour faire émerger une intelligence collective et pour transformer les choses.
Vous vous dites « prêt à y aller » concernant une candidature communiste à la présidentielle de 2012.
Pourquoi ?
Alain Bocquet. Parce qu’il est impensable qu’une candidature communiste ne puisse s’exprimer au moins au premier
tour. Or j’ai l’impression qu’on n’en prend pas le chemin. Cela dit, j’ai le respect du collectif, et je ne suis pas du genre à me mettre en avant. Mais si on me fait confiance et qu’on estime
que mon expérience peut apporter au combat commun, je suis prêt.
Entretien réalisé par S. C.
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